Réussir vigne 24 octobre 2018 à 08h00 | Par Isabelle Montigaud

La guêpe Anagrus atomus lutte contre les cicadelles vertes de la vigne

Un tout petit insecte capable de parasiter les cicadelles ? C'est ce qui a été observé sur la vigne. Anagrus atomus pond ses œufs dans ceux de Empoasca vitis, la cicadelle verte.

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Les rangées de rosiers permettent d'accueillir des populations d'Anagrus atomus, qui parasitent les cicadelles vertes.
Les rangées de rosiers permettent d'accueillir des populations d'Anagrus atomus, qui parasitent les cicadelles vertes. - © D. Sorgniard

Qui est Anagrus atomus ?

Anagrus atomus est un microhyménoptère qui réside sur des espèces végétales diverses, dont le cornouiller, le noisetier et les rosacées. Il parasite plus de 34 espèces de cicadelles, dont Empoasca vitis, la cicadelle verte de la vigne. Il pond ses œufs dans ceux de son hôte, qui avortent alors. L’intérêt pour ce parasitoïde dans la lutte contre les cicadelles vertes ne date pas d’aujourd’hui. En Gironde, à la fin des années quatre-vingt-dix, Bertrand Sutre, de Biovitis, avait mis en œuvre des essais avec des lâchers annuels d’Anagrus atomus. « Les résultats étaient intéressants, avec un taux de parasitisme de 50 %, témoigne-t-il. Mais nous avons été freinés dans notre projet par un coût estimé à 150 €/ha et par la difficulté à trouver des investisseurs pour produire Anagrus atomus. »

Comment l’installer dans les vignes ?

Dans le cadre du programme national Écophyto, une expérimentation a été mise en place en Val de Loire en 2014. Elle se déroule sur l’exploitation du lycée viticole d’Amboise, sur une parcelle de 0,5 ha de côt, cépage très sensible, où sont implantés deux rangs de rosiers tous les sept rangs de vigne. « Les rosiers font partie des plantes hôtes et sont parfaitement intégrés au paysage viticole, souligne Didier Sorgniard, directeur de l’exploitation du lycée viticole d’Amboise. L’objectif de l’expérimentation est de réguler les cicadelles et d’atteindre un équilibre qui ne soit pas préjudiciable à la vigne », précise-t-il.

Quelles sont les perspectives de cette lutte biologique ?

« Les piégeages que nous avons réalisés montrent que les populations d’Anagrus atomus augmentent et que ce parasitoïde semble vouloir s’installer grâce à la présence des rosiers. Nous avons également observé qu’il parasite effectivement les larves de cicadelles, observe Guillaume Delanoue de l’IFV d’Amboise. Il est en revanche trop tôt pour savoir si la présence de l’insecte suffit pour maîtriser les cicadelles vertes en année normale, car la pression parasitaire a été très faible ces trois dernières campagnes. » L’expérimentation va donc se poursuivre encore pendant cinq ans afin de valider l’intérêt d’une lutte biologique avec Anagrus atomus.

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