Réussir vigne 27 juin 2018 à 12h00 | Par Clara de Nadaillac

La filière viti-vinicole remet sa contribution au Plan national de santé publique

Vin&Société vient d'envoyer sa contribution au Plan national de santé. Voici ce qu'elle contient.

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Vin&Société propose que le logo double, voire triple de taille, pour atteindre un minimum de 8 mm. Par ailleurs, elle recommande un bon contraste pour que le consommateur distingue sans peine tous les éléments.
Vin&Société propose que le logo double, voire triple de taille, pour atteindre un minimum de 8 mm. Par ailleurs, elle recommande un bon contraste pour que le consommateur distingue sans peine tous les éléments. - © C. de Nadaillac

Ce mercredi 27 juin, Vin & Société a envoyé par coursier à Emmanuel Macron sa contribution au Plan national de santé publique. Un dossier sur lequel l’association planche depuis six mois.

Ce plan contient de nombreuses mesures visant "la protection des populations à risque et la responsabilité dans la consommation de vin", et qui devront ensuite s’articuler avec le reste du Plan.

Dans le détail, l’association propose de :

  • « faire mieux respecter l’interdiction de vente d’alcools aux mineurs, en améliorant la formation des professionnels, en concertation avec la grande distribution, les CHR et commerces spécialisés ». Cette mesure est bien évidemment louable. Mais dans la pratique, on voit mal comment Vin&Société, même avec l’aide des professionnels concernés, arrivera à « former » chaque caissière et chaque responsable de petit commerce local.
  • « informer sur les risques liés à la conduite, en partenariat avec la Sécurité et la Prévention routière ». L’association compte notamment installer des alcobornes lors des fêtes viticoles.
  • « intensifier la lutte contre le binge drinking, en établissant une charte nationale avec les écoles, universités et associations étudiantes ». Là encore, on ne peut que rester dubitatifs devant cette proposition. Quiconque a été étudiant dans les 20 dernières années ne peut que douter du fait qu’une simple signature de charte puisse renverser la vapeur. "Si on n'essaie pas, on ne saura pas si ça peut marcher, tempère Krytel Lepresle, déléguée générale de Vin&Société. Par ailleurs, nous comptons travailler avec des influenceurs auprès des jeunes adultes, pour véhiculer le message sans culpabiliser." Ce qui sera certainement plus efficace.
  • « contribuer à la diffusion du message « zéro alcool » pendant la grossesse ». Pour ce faire, Vin&Société souhaite une amélioration de la visibilité du logo femme enceinte avec un grossissement de sa taille à 8 mm minimum et un bon contraste, et « se tient prête à relayer ce message d’abstinence auprès des femmes pour toute la durée de la grossesse ». Si elle part d’une bonne intention, pas sûr que cette « intrusion » soit bien vue par les femmes enceintes, pour qui le gynécologue, la sage-femme ou le corps médical restent la référence et le relai incontournable lors de la grossesse. De ce fait, une action de "partenariat avec la fédération des gynécologues est aussi au programme", indique Krystel Lepresle.
  • « promouvoir les comportements responsables auprès des consommateurs, en diffusant un guide de la consommation responsable à travers toutes les interprofessions et syndicats viticoles. » Les dernières avancées des neurosciences mettent clairement en évidence que l’être humain apprend beaucoup mieux lorsqu’il est en interaction avec un autre être humain. Une plaquette ne semble donc pas le moyen le plus efficace pour marquer les esprits. Des cessions de formation à la dégustation auraient peut être davantage d’impact.
  • « améliorer la connaissance et la mise en œuvre de la consommation responsable auprès des futurs professionnels ». Pour ce faire, Vin&Société mise sur la création d’un label pour l’organisation de fêtes viticoles responsables et sur des « formations spécifiques à la consommation responsable et aux obligations réglementaires » dans les établissements d’enseignement agricoles, hôteliers et sommeliers.
  • « améliorer l’autorégulation en matière de publicité et favoriser les bonnes pratiques ». Et ce, en signant le code de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité et en proposant des conseils juridiques à ses adhérents.

Ce plan est vaste et prévoie de nombreuses actions. Mais on peut regretter qu’aucune ne passe par l’éducation à la dégustation. Car l’apprentissage des arômes et de la subtilité des vins et des alcools semble être un plus sûr repoussoir des addictions qu’un large déploiement de guides ou de chartes.

La plupart des propositions seront mises en place d'office par Vin&Société. Pour ce faire, l’association compte « mobiliser 2 millions d’euros sur quatre ans (2019-2022) pour mettre en œuvre ces mesures ». Un budget qui proviendra de son enveloppe et sera couplé à celui des filières bières et spiritueux. "Soit un montant de 1,2 million par an ; 5 millions sur cinq ans", dévoile Krystel Lepresle.

D'autres mesures devront attendre le feu vert du gouvernement, à l'instar de celles concernant les formations des futurs professionnels.

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