Réussir vigne 16 mars 2009 à 18h39 | Par C. GALBRUN

Insolite - Traiter en biodynamie avec un ULM

Afin de limiter les passages dans les vignes et le tassement des sols qui en résulte, Alain Réaut, vigneron champenois et passionné d’aviation, traite ses vignes en ULM.

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« Que ce soit en agriculture conventionnelle ou en agriculture biologique, le nombre et la fréquence des traitements ne sont guère différents. Par contre, en biodynamie, avec les traitements préventifs contre les maladies cryptogamiques, les préparations biodynamiques et les tisanes de plantes utilisées comme éliciteurs, les passages dans les vignes sont beaucoup plus nombreux. Si l'on veut respecter le calendrier des semis et passer en « jours fruits », ce qui est favorable à la vigne et qu'il a plu la veille, avec un enjambeur et sans avoir la possibilité d'utiliser des pneus extra-larges dans nos vignes étroites champenoises, on matraque le sol, on l'asphyxie. C'est ainsi qu'en 1996, j'ai eu l'idée, étant également passionné par l'aviation, de joindre l'utile à l'agréable et de traiter les vignes en ULM », explique Alain Réaut. Avec deux autres vignerons, ils achètent en commun un ULM.

« Une amélioration de la qualité des vins »

« Ils ne m'ont pas suivi tout de suite mais se sont montrés convaincus à la dégustation des vins. Dés que je suis passé à l'ULM, la qualité des vins a changé avec le détassement des sols et ce, de manière spectaculaire. Ce qui prouve que la vie du sol est essentiel ». Si les conditions météorologiques ne permettent pas le décollage de l'appareil, ce qui arrive de plus en plus souvent « et qui doit être une conséquence du changement climatique », Alain Réaut a recours à des brouettes à chenilles pour traiter. Ce qui va évidemment beaucoup moins vite. Sachant qu'avec un ULM, si la configuration du sol est idéale, deux ha sont traités en... 27 secondes ! Un gain de temps et d'économie d'énergie à afficher à la colonne crédit du bilan carbone, selon  Alain Réaut. Seul point noir : la pression administrative qui l'oblige à demander des autorisations pour vol rasant ( à 1,5 m des piquets) et les contrôles assortis. « Tout est fait pour que l'on arrête de voler. C'est dommage car en traitant mes vignes avec des produits naturels, faits pour ramener du vivant, j'arrosais également les bois ou les vignes alentours, ce qui ne pouvait leur faire que du bien ».

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