Réussir vigne 28 février 2007 à 17h31 | Par Propos recueillis par Claudine Galbrun

Hervé Henrotte - « La France mène un combat d´arrière-garde »

Créer des marques internationales basées sur le cépage donne à la France une image de combat d´arrière-garde, estime Hervé Henrotte. Surtout au moment où le Nouveau Monde mise sur le terroir.

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La demande du consommateur mondial est-elle en train de changer ?
On peut déjà se demander si celui-ci existe et s´il n´est pas en fait la somme de quelques milliards d´individus ! On a beaucoup entendu que ce consommateur voulait du cépage. C´est en tout cas ce que le Nouveau Monde a tenté de lui faire croire. Sauf que nombre d´études montrent qu´il ne sait pas ce qu´est un cépage. Le beaujolais est un cépage pour un Américain qui considère également que le chardonnay est forcément un vin blanc, rond
et boisé. En tout cas, le marché est en train d´évoluer. On assiste à une sophistication de la demande des consommateurs notamment londoniens et new-yorkais, c´est-à-dire ceux qui créent les tendances.

Pourtant certains Français veulent proposer des marques internationales basées sur le cépage ?
Nous sommes en train d´inventer la poudre et de se lancer dans un combat avec beaucoup de retard et pour lequel nous ne sommes pas bien armés. Certes, le gros du marché se fait encore sur le cépage mais si cela correspondait réellement à la demande, on enregistrerait des augmentations de ventes de 30 % et non pas de 5 %. D´ailleurs, des entreprises comme Gallo ou Constellation réorientent leur stratégie. Gallo met ainsi en avant le fait que tel vin est produit dans telle zone. C´est une approche terroir quelque peu différente de la nôtre mais une approche terroir quand même.
Le modèle français a donc encore un avenir ?
Il serait incroyable qu´après avoir raté le virage des vins de cépage, nous rations celui des vins de terroir. Il y a sur le marché des signes très positifs pour nous. Mais le consommateur ne viendra pas seul chercher nos vins. Il s´y montre réceptif mais c´est à nous de faire le travail. Dire que le consommateur refuse nos vins : non. Par contre, il ne sait pas comment faire pour y comprendre quelque chose.

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