Réussir vigne 07 octobre 2002 à 14h35 | Par Julien Huchette

Herbicides utilisés sur vigne - Dans le Languedoc-Roussillon, une action pilote contre la pollution des eaux potables

Le bassin versant du Taurou dans l´Hérault souffre de teneurs excessives en herbicides. Un projet pilote a été mis en place afin de diminuer les sources de pollution.

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La simazine et la terbuthylazine ont été retrouvées dans les eaux de captage du Taurou à des taux supérieurs à la norme de potabilité fixée à 0,1 µg/l (ponctuellement jusqu´à 0,5 µg/l). « Il n´y a dans ce cas que deux solutions : soit on ferme le captage avec les conséquences de surcoût* que cela implique pour les consommateurs, soit on envisage un programme d´actions pour diminuer le taux d´herbicides », explique Gérard Mercier, du bureau d´études Tercia, qui pilote le dossier. Le diagnostic hydrogéologique et agricole a défini la zone concernée ainsi que l´origine de la pollution : celle-ci provient essentiellement des pratiques de désherbage réalisées dans les vignes.

Plusieurs options sont actuellement envisagées
Comme les pics de pollution ne sont qu´épisodiques, la prévention a été préférée à la contrainte. Un partenariat entre le gestionnaire de la ressource en eau et les professionnels agricoles a été créé. « La réflexion porte maintenant sur les moyens et les actions à mettre en place », indique Gérard Mercier. Plusieurs options sont actuellement envisagées : création de bandes enherbées au niveau des fourrières, adaptation et réglage du matériel de traitement, enherbement des inter-rangs, travail du sol privilégié. « Sur les parcelles où l´on ne peut pas faire autre chose, nous pourrons en dernier recours opter pour la substitution de matières actives comme le remplacement de la terbuthylazine par le flazasulfuron », indique Bernadette Ruelle du Service Régional de la Protection des Végétaux du Languedoc-Roussillon. Et d´ajouter : « nous souhaitons que les mesures à appliquer viennent d´une démarche volontaire même si nous sommes conscients que la crise viticole actuelle rend les choses difficiles ». Reste à savoir si les mesures s´appliqueront de façon homogène à l´intégralité du bassin ou seront spécifiques suivant les zones.
©Judith Mallet-Ch. Agr. Hérault

Présence de résidus de terbuthylazine
Comme le souligne Judith Mallet de la Chambre d´agriculture de l´Hérault, « le bassin est divisé en deux grands secteurs : la partie amont est d´une superficie assez réduite avec des pentes élevées et des vignes parfois proches du cours d´eau. La partie sud comprend des vignes qui se positionnent sur des versants moins pentus, le travail du sol semble y être plus fréquent mais la superficie y est beaucoup plus importante. » Rappelons qu´il s´agit-là d´un problème rencontré sur de nombreux bassins versants (en juin dernier, sur le bassin versant de la Côte de Nuits, il a été recommandé de ne pas boire d´eau du réseau en raison de la présence de résidus de terbuthylazine). Dans chaque région, des projets pilotes du même type que celui du Taurou sont mis en place pour faire face à ce problème de sécurité alimentaire.


* Le captage, situé en aval du bassin versant, sert à l´alimentation en eau potable de 5000 habitants. Le fermer obligerait les communes à importer l´eau via un autre captage ce qui représenterait un surcoût de 40 % du prix de l´eau (sans compter les investissements nécessaires à son acheminement : canalisations, pompages.).


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