Réussir vigne 11 juin 2004 à 12h10 | Par Steven Le Quellenec et Catherine Bioteau

Flavescence dorée - La pression diminue en Aquitaine mais monte en Vallée du Rhône

Les efforts de lutte obligatoire contre la flavescence dorée portent leurs fruits en Aquitaine. La pression de la maladie baisse. Mais toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne et l´inquiétude grandit en Vallée du Rhône.

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En Aquitaine, le constat est là : la pression de la flavescence dorée diminue. Le nombre de pieds arrachés a en effet sensiblement diminué depuis trois ans : 6238 en 2001, 5303 en 2002 et seulement 2500 en 2003. Et depuis l´arrêté du 9 juillet 2003, la sortie des communes du dispositif de lutte obligatoire est désormais possible. Ainsi, en 2003, après deux années de prospection avec absence de symptômes de la maladie, « des communes de Gironde et de Dordogne sont sorties du périmètre, indique Marie-France Chiron du SRPV d´Aquitaine. Et d´autres communes de ces départements ainsi que du Lot-et-Garonne suivront cette année ».
Malgré la rentrée programmée de Léognan et de Salles en 2004 dans le périmètre, la lutte insecticide a tout de même permis des progrès notables. Le SRPV a ainsi jugé que, outre la sortie possible, une diminution du nombre de traitements serait également envisageable sous certaines conditions.

« Le second traitement, réalisé en fin de rémanence du premier, n´a d´intérêt que dans les zones fortement contaminées avec une population élevée de cicadelles et lorsqu´on connaît mal le niveau d´infestation, explique Marie-France Chiron. Pour qu´une commune puisse être considérée comme assainie et passer de trois à deux traitements, il faut qu´elle soit largement prospectée et que soient comptabilisés moins de 10 pieds malades sur tout son périmètre. Il faut également qu´elle soit entrée dans le dispositif de lutte obligatoire depuis au moins trois ans ». D´où l´importance des prospections au sein des communes désirant être déclarées assainies. Elles pourront être réalisées par les syndicats ou les caves coopératives sous l´égide du SRPV qui assurera le respect d´un protocole.

« En 2004, plusieurs communes de Gironde, de la Dordogne, du Lot-et-Garonne et même des Pyrénées-Atlantiques vont ainsi passer à deux traitements, celui appliqué sur les larves de un mois et celui appliqué sur les adultes fin juillet, indique Marie-France Chiron. Les efforts réalisés en matière de lutte obligatoire portent leurs fruits et ce, pas uniquement pour les AOC prestigieuses car toutes les appellations sont concernées par ces allégements ». Allègements et sorties du dispositif, bien qu´à l´initiative du SRPV, qui nécessitent cependant l´accord et la validation indispensables de la profession.
En Vallée du Rhône, par contre, la situation est plus délicate. Bien que le premier foyer de flavescence dorée n´ait été découvert qu´en 2001 dans la Drôme provençale, l´extension de la maladie n´en inquiète pas moins les viticulteurs et techniciens de la région.
Le second des trois traitements contre la cicadelle vectrice de la maladie peut être évité en Aquitaine si la commune est déclarée assainie. ©D. R.

Un nouveau foyer à Vaison-la-Romaine
En 2002, de nouveaux petits foyers de dissémination avaient été découverts et, à l´automne dernier, c´est un foyer de 267 pieds qui a été détecté à Vaison-la-Romaine, en dehors de la zone de lutte obligatoire. Ce périmètre de lutte obligatoire va donc encore augmenter en 2004 pour atteindre 13 500 hectares. « On ne peut écarter l´hypothèse selon laquelle la lutte obligatoire pourrait en quelques années atteindre l´ensemble de la Vallée du Rhône », prévient déjà François Bérud, technicien viticole à la Chambre d´agriculture du Vaucluse. Pour l´instant, la flavescence a engendré peu de pertes de récolte, à peine trois hectares (contaminés à plus de 20 %) ont du être arrachés en deux campagnes. Par contre, elle nécessite un traitement systématique (trois insecticides neurotoxiques) à l´impact non négligeable et une organisation lourde en terme de prospection, prélèvement, analyse. « L´origine du premier foyer détecté reste inconnue mais pourrait provenir d´un plant contaminé », estime François Bérud, qui conseille l´achat de plants traités à l´eau chaude et espère une grande vigilance de la part des viticulteurs.

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