Réussir vigne 03 août 2001 à 11h37 | Par Marie-Annick Carré

Filière viticole - Réforme de l´Institut national des appellations d´origine

L´agrément en pleine révolution : un vin n´ayant pas respecté les conditions de production ne sera plus apte à l´agrément AOC. Tel est le principal bouleversement entraîné par la réforme que l´Inao va mettre en place pour les vendanges 2002.

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Les rendements, en particulier, vont être sous haute surveillance.
Mais l´organisme garant des appellations se veut résolument optimiste quant aux changements que va générer le nouveau décret et ne doute pas des efforts des viticulteurs, "psychologiquement prêts" pour y parvenir.
Le précédent décret date de 1974 et n´a, l´Inao l´avoue, été suivi sur le terrain d´aucune mesure concrète. La réforme de l´agrément des vins AOC, en préparation depuis de longs mois, était donc très attendue. Elle a pris forme fin mai dernier. Le décret a été voté au Comité national qui s´est tenu à Reims les 30, 31 mai et 1er juin. Il doit désormais être validé par le Ministère de l´Agriculture et être publié au JO, ce qui devrait être chose faite d´ici le début de l´année 2002.
Ce décret, annoncé par René Renou, président du Comité vin de l´Inao, comme une "vrai révolution culturelle et psychologique" comprend 5 articles dont deux points fondamentaux.
En premier lieu, pour pouvoir prétendre à l´agrément, un vin devra obligatoirement avoir respecté les conditions de production. Ce qui n´était pas forcément le cas auparavant. Un vin pouvait être apte à l´agrément sans avoir satisfait aux conditions de production prévues dans le décret. Jusqu´à présent, en effet, l´agrément était donné au vu de la dégustation.
Second point crucial : l´agrément sera délivré par un organisme agréé (type Loi 1901). S´il s´agit d´un syndicat d´appellation, celui-ci devra mettre en place un mode de financement et de fonctionnement ainsi qu´une comptabilité spécifiques pour l´agrément. "La structure doit présenter des garanties de neutralité suffisantes", précise l´Inao. Tout organisme agréé doit passer une convention de fonctionnement avec l´Inao. Pour une AOC, il n´y a qu´un organisme agréé. Et l´Institut se réserve le droit, dans certains cas, de nommer un organisme de son choix pour prendre en charge l´agrément. Les dégustations continueront à être organisées par l´organisme agréé, sous la responsabilité des comités régionaux de l´Inao, les dégustateurs sélectionnés étant des professionnels de la filière proposés par le syndicat, "les plus aptes à juger de la typicité d´une appellation", estime René Renou.
Vins tranquilles
Sur le terrain, la "révolution" va devoir se produire pour les vendanges 2002. Pour y parvenir, l´Inao a proposé, lors de son dernier Comité national, un cadre de contrôle des conditions de production à la parcelle (voir page 22). Le décret agrément arrêté fin mai ne concerne pour le moment que les vins tranquilles. Un arrêté spécifique aux vins mousseux est prévu par la suite.
Autre nouveauté apportée par la réforme : le certificat d´agrément pourra désormais avoir une durée de vie limitée. Par ailleurs, un des articles concerne les vins primeurs. Jusqu´à présent, l´agrément d´un vin "primeur" se transformait, par simple formalité, en agrément "vin de garde". Désormais, l´agrément d´un vin primeur sera caduc, au plus tard le 31 décembre. Le vin devra alors présenter un nouvel agrément pour se prévaloir de l´AOC revendiquée. Le décret prévoit également la possibilité de pré-dégustations d´agrément pour des vins "aptes à faire une production ultérieure" qui seront présentés à l´agrément ultérieurement. Un choix qui permet au syndicat de retirer précocement du circuit des AOC des vins qui ne seraient pas conformes et qui n´auraient pas répondu aux conditions de production.
Le décret définit ainsi un cadre qui peut être adapté à chaque région et à chaque appellation par le biais du règlement intérieur d´agrément du syndicat. A chaque syndicat, à présent, de se mettre au travail et de rendre sa copie à l´Inao avant août 2002. Une copie qui liste l´ensemble des choix formulés par le syndicat pour confirmer le décret d´application. "Il y a des syndicats qui sont déjà dans la philosophie de ce que nous défendons", commente Claude Martell, responsable de la Commission agrément de l´Inao. D´autres auront un peu plus de chemin à parcourir et donc plus de travail à réaliser.

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