Réussir vigne 26 septembre 2003 à 18h05 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - Pour la CCVF, « il faut renforcer l´aval »

Sous la pression du marché, les coopératives vinicoles considèrent désormais qu´il faut tout faire pour renforcer l´aval de la filière. Une véritable « révolution culturelle ».

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Une inquiétude certaine a plané sur les débats du 31e congrès de la CCVF (Confédération des coopératives vinicoles de France) qui s´est tenue en juillet à Colmar. « La situation des marchés est préoccupante », a indiqué Denis Verdier, président de la CCVF. « Des clignotants s´allument et les perspectives sont inquiétantes car il nous reste des problèmes structurels forts à résoudre. » Réforme de la Pac oblige, tout le monde sait aujourd´hui que le glas des soutiens publics directs a sonné. Et la réforme de l´organisation commune de marché viti-vinicole qui s´annonce ne changera rien. Il n´est pas question pour autant de remettre en cause les fondements mêmes de la coopération, a souligné M. Verdier. « Nous sommes et nous restons partisans de l´économie sociale ». Pour autant, a-t-il ajouté, « le marché va nous obliger à des mutations nécessaires ». Et de parler d´une « révolution culturelle » qui doit s´opérer même s´il avoue avoir eu quelques craintes à ouvrir ce débat compte tenu de la situation difficile sur les marchés.

Denis Verdier s´est alors fait l´avocat du négoce et a déploré que 80 % des aides aillent vers la production contre seulement 20 % à l´aval. « Nous avons une réflexion stratégique à mener afin que nous puissions trouver les voies pour conforter les entreprises sur la base d´une dynamique commerciale. Nous souhaiterions, surtout s´il n´y a plus d´interventions directes sur le marché dans le contexte communautaire actuel, que des moyens soient mis sur les contrats entre l´amont et l´aval, sur la base d´une organisation économique des producteurs et selon un mécanisme de filière. » Et de s´engager sur la voie de la co-responsabilité entre organisations de producteurs et pouvoirs publics.

Pourquoi ne pas s´inspirer, a poursuivi le président de la CCVF, de l´organisation commune de marché des fruits et légumes qui accorde des fonds opérationnels aux opérateurs à condition qu´ils mettent en oeuvre de « réels » projets d´entreprise. Pour M. Verdier, il est aussi indispensable de renforcer les interprofessions, lieu de réunion par excellence de la production et du négoce, notamment au niveau des bassins de production, avec à la fois les acteurs des AOC et des vins de pays. Il en a d´ailleurs appelé au ministre de l´Agriculture afin qu´il joue dans cette affaire, son rôle naturel d´arbitre. Invité de ce congrès, il n´est pas sûr que le discours de ce dernier ait contribué à rassurer les vignerons. Il n´a pris aucune position sur les débats qui ont animé la filière ces derniers mois en particulier la création d´une nouvelle catégorie de vin, dit des cépages de France. Seules annonces faites : l´ouverture à l´automne du chantier de la réforme de l´OCM et la mise en place d´un groupe de travail conjoint entre le ministère de l´Agriculture et celui du Commerce pour aider les entreprises à mieux et plus exporter.

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