Réussir vigne 22 septembre 2004 à 17h20 | Par Claudine Galbrun - Steven Le Quellenec

Filière viticole - Non à la « réserve indienne » pour les AOC

Les interprofessions bordelaise et des côtes du rhône demandent que l´innovation ne soit pas réservée aux seuls vins de pays.

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Christian Delpeuch, président du CIVB et Michel Bernard, président d´Inter Rhône, tout en déplorant à la rencontre avec le ministre de l´Agriculture, « l´absence des organismes de filière », estiment que la segmentation basée sur un marketing de l´offre et de la demande est irréaliste. Pour Christian Delpeuch, la possibilité de produire un vin de pays de grande zone ne doit pas empêcher de faire évoluer les AOC génériques pour lesquelles il demande un assouplissement des pratiques oenologiques, reprenant en cela une partie des thèses défendues par René Renou dans son projet de réforme des AOC mais allant à l´encontre des mesures présentées au ministre qui entendaient réserver l´usage de technologies nouvelles aux seuls vins de pays.

Et Michel Bernard d´enfoncer le clou : « Ce serait la perte économique des AOC que de réserver l´innovation aux vins de pays. Avec cette notion de marketing de l´offre et de la demande, on est en train de parquer les AOC comme les Indiens dans des réserves. Si on veut produire exclusivement des côtes du Rhône haut de gamme, il n´y aura pas assez de débouchés et de marchés de niche pour tout le monde et de nombreux exploitants seront alors sacrifiés. Il faut savoir ce que l´on veut et avoir le courage de le dire. Ou alors, on évolue mais sans perdre l´âme de nos AOC. »

Pour le président du CIVB, simplifier la lisibilité de l´offre pour le consommateur ne présente aucun intérêt si on ne met pas à sa disposition les produits qu´il attend. Pour les AOC régionales, la question de l´utilisation des copeaux ou bien même de l´irrigation mérite d´être posée, poursuit Michel Bernard. « Trompe-t-on réellement le consommateur en arrosant le vignoble ? Est-ce que l´acidification ou la règle des 85/15 serait forcément ressentie comme une tromperie par ce même consommateur ? Les consommateurs étrangers aiment pour leur part les vins ronds et gras, alors pourquoi ne pas leur proposer des vins titrant jusqu´à 5 ou 6 g de sucre résiduel ? Ce ne serait pas vendre notre âme que de faire cela. Certains pays ont des pratiques bien pires que celles-ci. Alors, pourquoi s´en priver. Il ne faut pas se mettre des semelles de plomb pour courir le 100 mètres. »

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