Réussir vigne 28 mai 2003 à 12h51 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - Les vins de cépage de France ont vécu... avant d´avoir vu le jour

Faute d´un consensus professionnel, le ministre de l´Agriculture préfère en rester au statu quo. Il n´y aura pas de nouvelle segmentation réglementaire de l´offre de vins. Autrement dit : les vins de cépage de France ne verront pas le jour.

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La mesure phare des conclusions du groupe Cap 2010 devait donner un nouvel élan à la filière, à savoir la création d´une nouvelle catégorie de vin dit de cépage de France, et ouvrir la possibilité d´assembler des vins de différentes régions. Elle restera dans les cartons. C´est ce qu´a décidé le ministère de l´Agriculture, faute de consensus. Dire que cette proposition ne faisait pas l´unanimité au sein de la filière relève en effet de l´euphémisme. Le syndicat des vins de pays d´Oc en faisait un casus belli. La confédération des vins de pays se montrait très partagée sur le sujet.

Seul, le négoce y voyait une réelle possibilité de concurrencer les vins du Nouveau monde. Il se consolera peut-être avec le souhait formulé par l´administration que la profession réfléchisse à une meilleure lisibilité des catégories existantes et à un éventuel assouplissement des règles. Ce qui reviendrait à autoriser la règle des 85/15 % pour le millésime et le cépage ainsi que l´usage des copeaux. « Nous avons besoin d´un produit sur lequel nous puissions indiquer le cépage, le millésime et une marque et que l´administration nous donne la législation qui va avec. Alors pourquoi pas sur du vin de table ? », suggère André Lacheteau, président de l´Afed (Association française des embouteilleurs-distributeurs). Une proposition qui n´a pas l´heur de plaire aux producteurs de vins de pays, considérant que si elle était entérinée à l´occasion, par exemple, d´une réforme de l´OCM (organisation commune de marché), « le négoce aurait alors les mains entièrement libres et qu´elle sonnerait le glas des vins de cépages actuels ».
©D. R.


Création d´interprofessions régionales pour les vins de pays
En attendant, le ministère conseille aux professionnels d´avancer sur le dossier de l´affectation parcellaire (là tout le monde est d´accord) et de réfléchir à une organisation interprofessionnelle par bassin de production. Sauf qu´au même moment, le Sénat adopte un amendement autorisant la création d´interprofessions régionales pour les vins de pays. Comprenne qui pourra. Et enfin, les deux derniers points de consensus : faire émerger des projets d´entreprises pour consolider l´aval de la filière avec un éventuel accompagnement financier des pouvoirs publics et le nécessaire renforcement de la recherche et de l´innovation. Les choses n´ont donc guère de chance d´avancer. Certains se montrent pourtant optimistes. « En attendant un consensus général, le ministre se refuse à arbitrer. Aujourd´hui, celui-ci n´existe pas. Mais avec un peu de bonne volonté, on peut y arriver », estime André Lacheteau. Ce dernier a d´ailleurs adressé un courrier, co-signé par EGV (Entreprises des grands vins de France) à Hervé Gaymard, afin que celui-ci prenne l´initiative de relancer le dialogue dans la filière.

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