Réussir vigne 23 avril 2004 à 11h26 | Par Jean-Luc Allier - Paysan du Midi

Filière viticole - La Confédération paysanne dit « non au vin reconstitué »

« Pour faire face à la crise viticole, copier le modèle du nouveau monde c´est s´engager dans la réforme du statut et de la définition universelle du vin », estime Pascal Frissant, de la commission viticole de la Confédération paysanne.

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A l´occasion de Vinisud, la commission viticole de la Confédération paysanne a souhaité apporter son analyse dans le débat viticole. « Nous avons voulu tenir cette réunion dans ce lieu d´économie, dans ce salon à l´aspect rutilant et enthousiasmant pour porter dans le débat une analyse professionnelle originale », explique Pascal Frissant, responsable de la commission viticole de la Confédération paysanne. Le syndicat s´inquiète notamment de la tentation d´imiter le modèle du nouveau monde : « Nous jugeons celui-ci inadapté à notre culture viticole et dangereux quant aux dérives possibles des pratiques oenologiques. » Pour relancer l´économie, les libéraux comptent sur deux piliers : la libre circulation des marchandises et les biotechnologies. « Appliquer au vin, cela signifie la remise en cause du statut du vin et de sa définition actuelle. »

Et pour la Confédération paysanne, la stratégie est en route, portée notamment par les USA qui veulent faire accepter à l´Europe des vins additionnés d´eau, d´arômes, de sucres, de polyphénols. Les revendications ne sont plus portées via l´OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin), organisation où les vieux pays producteurs européens restent influents, mais via l´OMS (Organisation Mondiale de la Santé). « Les USA ont déposé auprès de l´OMS, 170 substances non toxicité. et donc susceptibles d´être autorisées dans les produits alimentaires. Car à la mode anglo-saxonne, qualité est synonyme de non toxicité ! » A l´intérieur de l´OIV, la poussée vers la déréglementation est constante. Et la bataille sur les copeaux s´y est installée, y compris en France. « Nous jugeons le discours basique de certains responsables viticoles dangereux. Que disent-ils : ils ont le droit de le faire, pourquoi pas nous ? Mettre du vin dans le bois ou le bois dans le vin, où est la différence ? Et ainsi, quelque 700 000 hl de vins sont boisés en France avec des copeaux. Une pratique totalement illégale. mais autorisée à titre expérimental ! »

« Si on lâche sur les copeaux, on lâchera sur les arômes. »
La Confédération paysanne dénonce l´engrenage : si on lâche sur les copeaux, on lâchera sur les arômes. « Nous rentrerons alors de plain-pied dans la logique productiviste : baisser le coût de production, ajouter copeaux, arômes. c´est la dérive de l´augmentation des rendements assurée ! Et on en arrive aux vins reconstitués. »
Cette stratégie se poursuit à l´OCM dont les discussions sont rentrées, selon le syndicat, dans une opacité inquiétante.
L´actualité de l´année vient renforcer cette analyse, estime le syndicat. Il constate que pour la vinification des vendanges 2003, le préfet du Bordelais a autorisé l´utilisation de tartrates. pratique oenologique qui s´est additionnée à la chaptalisation. Et qui s´ajoutent encore à une technique qui se développe dans le Bordelais, l´osmose inverse. Pour le syndicat, c´est clair : on se rapproche de l´élaboration d´un vin artificiel.

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