Réussir vigne 04 avril 2003 à 15h38 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - « Il est temps de donner une suite à Cap 2010 »

Les exportations françaises de vins et spiritueux en 2002 ont enregistré une hausse de 6,4 % en valeur par rapport
à 2001. « De bons résultats », selon Patrick Ricard, président de la FEVS mais « ce pourrait bien être l´arbre qui cache la forêt ».

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« Dans un contexte économique difficile, la France a su préserver ses positions », indique Patrick Ricard. Le montant des exportations françaises de vins et spiritueux s´élève ainsi en 2002 à 7,7 milliards d´euros. Mais ces chiffres sont essentiellement dus à la forte progression des ventes de champagne à 1,57 milliard d´euros, soit une hausse de 15, 1 % et à la bonne tenue des spiritueux avec 2,07 milliards d´euros (+ 5,7 %). Par contre, si les vins tranquilles enregistrent en valeur une progression de 3,6 % pour atteindre 3,96 milliards d´euros, leurs exportations diminuent en volume de -4 %. Et la fédération de rappeler qu´en cinq ans, les exportations de vins tranquilles ont baissé d´un million d´hectolitres. « Pour relever le challenge de la compétition internationale, particulièrement sur les vins tranquilles, il y a des inerties et des rigidités qui doivent être levées », souligne Patrick Ricard. « Il est temps de donner une suite urgente à Cap 2010 afin de segmenter l´offre française au-delà de ce qu´elle est traditionnellement. »

Selon le président de la FEVS, il est indispensable de profiter du seul créneau législatif à court terme, à savoir le projet de loi rurale (sans doute discutée avant l´été) pour procéder aux aménagements nécessaires en révisant notamment le champ de compétences de certaines interprofessions de vins de pays « afin d´être efficaces dès la prochaine récolte ». La FEVS demande également la règle des 85/15 (possibilité de mélanger des cépages ou des millésimes tout en pouvant indiquer sur l´étiquette le cépage ou le millésime majoritaires). « Avoir cette latitude permettrait de faire des goûts constants et obligerait chaque producteur à entrer dans un cercle vertueux. »

« La France aujourd´hui n´est pas compétitive »
De plus, Patrick Ricard estime indispensable d´obtenir la possibilité de mélanger des vins de cépages de différentes régions. « Nous devons répondre à l´attente des consommateurs et pour ce faire, les opérateurs ont besoin de souplesse. La France aujourd´hui n´est pas compétitive et a laissé ainsi un espace à la concurrence. » Reste que sur ce point, il faut convaincre le syndicat des vins de pays d´Oc qui ne veut pas entendre parler d´assemblage de vins de différentes origines. La FEVS ne désespère pas de convaincre ce syndicat d´autant plus que des discussions pour mettre en place un accord-cadre de partenariat entre amont et aval de la filière sont engagées. « Il est essentiel que ces discussions aboutissent et qu´ainsi les interprofessions puissent être confortées et que les relations amont-aval se multiplient à travers des contrats privés. Ceci pourrait également déboucher sur un meilleur partage de la valeur ajoutée qui aujourd´hui, remonte essentiellement vers l´amont, indique la FEVS.

« Les résultats nets de l´aval français sont inférieurs de près de 50 % (hors champagne) à ceux dégagés par les entreprises du Nouveau monde. C´est une des raisons pour lesquelles le négoce français n´attire que très peu les investisseurs. » Et Yves Bénard, vice-président de la FEVS, de poursuivre : « On ne peut pas continuer à soutenir une production qui n´est plus adaptée. Ceci limite beaucoup la réactivité française. Ces soutiens doivent retomber dans l´escarcelle de ceux qui avancent. Sans les mécanismes de subventions européennes, le dossier Cap 2010 aurait avancé beaucoup plus vite.» La FEVS veut toutefois rester optimiste, estimant qu´au moins Cap 2010 a eu un mérite : « C´est bien la première fois qu´il y a eu au sein de la filière, une réflexion impliquant autant d´opérateurs. » Il n´y a plus qu´à passer des idées aux actes.

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