Réussir vigne 17 janvier 2003 à 17h23 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - Gérer la pénurie du champagne

Faut-il étendre l´aire d´appellation champagne ? La questionse pose. Mais en attendant, il faudra gérer la pénurie.

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«Les ventes de champagne nous surprennent », a indiqué Yves Bénard, président de l´Union des maisons de champagne, lors de l´assemblée générale de l´AVC (Association viticole champenoise). Celles-ci, au second semestre 2002, ont cru de 17 % pour le négoce, de 4 % pour la coopération et sont restées stables chez les indépendants. « Plus surprenant encore, les prix se tiennent. Qui stocke ? Qui boit autant ? », se demande encore Yves Bénard. Et Philippe Feneuil, président du SGV (Syndicat général des vignerons) de renchérir : « D´ici 3 à 5 ans, les ventes rejoindront nos plus belles perspectives de récolte. Aujourd´hui, revoir la délimitation de l´aire d´AOC champagne est indispensable. » Même s´il reconnaît que le sujet est délicat.

Il faut se pencher sur la délimitation de l´aire d´AOC
Le négoce estime également qu´une réflexion doit être menée sur ce sujet. « Ce dossier est de la responsabilité du SGV mais le négoce apportera sa pierre à l´édifice », indique Y. Bénard même si pour lui, préalablement, doit avoir lieu une remise à plat et une révision des missions de l´interprofession. 2003 étant en effet la dernière vendange couverte par l´accord interprofessionnel en cours et sonnant le glas des taxes parafiscales qui alimentaient jusqu´à ce jour le CIVC, conformément aux demandes de Bruxelles. Autant d´occasions à saisir, selon Y. Bénard pour engager une discussion entre négoce et production sur l´avenir de l´interprofession. Quoiqu´il advienne de cette discussion, estime P. Feneuil, il faut se pencher sur la délimitation de l´aire d´AOC. « Il n´y a pas, en effet, de raisons objectives pour que l´expansion des ventes constatées s´arrêtent. D´ailleurs, le négoce y croit. Il n´y a qu´à voir la course aux approvisionnements et aux parts de marché qu´il mène. Or, d´ici quelques années, il n´y aura plus de terres à planter. Ce qui risque de changer l´ambiance. De là à ce que la loi du plus fort s´installe... »

De plus, une éventuelle extension de l´aire d´appellation, compte tenu des procédures exigées par l´Inao, n´interviendra au mieux qu´en 2010. Après, il faut planter et vinifier. Et tenir jusque là. « Nous allons devoir apprendre à gérer la pénurie. » Ce qui passe par une meilleure valorisation de chaque kilo de raisin, estiment ensemble Y. Bénard et P. Feneuil. « Et par une répartition plus équitable de la valeur ajoutée », ajoute le président des négociants tout en se demandant si tel est le cas aujourd´hui. « Je souhaiterais que le CIVC y travaille et le prouve ». A suivre...

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