Réussir vigne 29 juillet 2002 à 09h48 | Par C. Galbrun

Filière viticole - En Champagne, « ça va trop bien »

Après les jeunes vignerons, les coopératives de Champagne, dénoncent l´attitude du négoce. « Une maladie de la prospérité », rétorque ce dernier.

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Que se passe-t-il en Champagne ? Les coopératives, à leur tour, après les jeunes vignerons, s´en prennent au négoce, responsable selon elles, d´une désagrégation de la politique interprofessionnelle. Achat de foncier, prestation de services au vignoble en contrepartie d´engagements d´approvisionnement à long terme au mépris des accords interprofessionnels, érosion du nombre d´adhérents dans les coopératives et au final, la perte d´unité du vignoble et sa probable intégration par le négoce : pour Pascal Ferat, président des coopératives de Champagne, la voie libérale empruntée par l´interprofession n´est pas bonne. La période de pénurie de raisins que traverse la Champagne n´est sans doute pas étrangère à cette situation. « Le négoce satisfait actuellement 85 % de ses besoins mais il reste 15 % à trouver, d´où ces surenchères », indique Yves Besnard, président des négociants de Champagne. Pour assurer la sécurité de ses approvisionnements, poursuit-il, le négoce a deux solutions : soit par la mise en place d´accords interprofessionnels « ce qui est la voie la plus intelligente », soit par l´acquisition de terres et la signature d´accords privés à long terme «ce qui n´est pas bon».

Remanier le fonctionnement de l´interprofession
Si ces dérives de la part du négoce sont critiquables, estime pour sa part, Philippe Feneuil, président du SGV (Syndicat général des vignerons), elles prouvent néanmoins que les maisons de Champagne ont confiance dans l´avenir. « Le syndicalisme, la coopération en Champagne sont nés de la difficulté. Aujourd´hui, ça va trop bien. Faut-il tout désorganiser pour retrouver l´esprit collectif ? », lance-t-il. Pour Pascal Ferat, il est temps de remanier le fonctionnement de l´interprofession et lui donner un cadre de fonctionnement satisfaisant pour le vignoble et le négoce tout en se demandant si les coopératives n´auraient pas intérêt à racheter des marques ou à prendre des participations « significatives » dans le négoce. Yves Besnard estime lui aussi qu´il est temps de rénover l´interprofession sans pour l´instant proposer d´autres pistes qu´une interrogation sur le nombre peut-être trop élevé de négociants. « Le négoce n´est pas pour la voie du libéralisme. Il est temps de trouver des solutions au risque de voir s´aggraver la guerre entre les familles. Mais c´est bien d´une maladie de la prospérité dont souffre la Champagne ».

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