Réussir vigne 30 novembre 2007 à 11h06 | Par Claudine Galbrun

Déficit hydrique et qualité - Un duo à ménager

Une étude américaine remet en cause le dogme selon lequel le stress hydrique de la vigne améliore forcément la qualité du vin. Selon l´IFV, tout dépend de la définition que l´on donne à la qualité qui sera différente selon l´objectif produit recherché.

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Selon les résultats de la thèse présentée par Martin Mendez-Costabel, de l´Université de Davis (Californie), une irrigation tardive en saison permettrait non seulement d´améliorer les rendements mais n´aurait que peu d´impact sur la concentration en sucre des baies et au final sur la qualité du vin. Ainsi, pour ce chercheur, il faut limiter les apports d´eau en début de saison afin de contrôler la végétation puis irriguer dès que la teneur en sucre des baies atteint 11º vol. Cette irrigation tardive maintiendra l´activité photosynthétique de la vigne et ainsi l´accumulation des sucres dans les fruits. Selon ses essais, la composition des vins n´est pas affectée par ces apports d´eau mais de plus, ceux-ci permettent de réduire la teneur en methoxypyrazine, molécule responsable des goûts herbacés.
Il faut une contrainte hydrique pour obtenir un vin de qualité mais ce ne doit pas être le seul argument à prendre en compte, estime l´IFV. ©DR

" Pour plus de rendement et de degré "
Pour Jean-Christophe Payan, de la station IFV de Nîmes, les conclusions de cette étude ne constituent pas forcément une remise en cause des résultats obtenus jusqu´ici en matière de stratégie d´irrigation. " Si la qualité se définit par plus de rendement et plus de degré, effectivement, dans ce cas, toute contrainte hydrique sera négative. En fait, tout dépend des seuils qualitatifs que le vigneron se fixe. " Et de rappeler toutefois que des apports d´eau auront un effet sur l´intensité colorante des vins. " Dans le cadre d´une stratégie de production à forte valeur ajoutée, plus la contrainte hydrique sera importante, plus le potentiel de couleur sera grand mais le rendement sera affecté. Si on opte pour une stratégie plus productiviste, type vin de pays, avec un rendement de 80 à 90 hl/ha, l´irrigation sera nécessaire tout en sachant qu´il y aura un déficit de coloration qui n´affectera pas pour autant la qualité recherchée. En irrigant, on modifie le profil organoleptique du produit. Certes, il faut une contrainte hydrique pour obtenir un vin de qualité mais ce n´est pas le seul argument à prendre en compte. Encore faut-il savoir de quelle qualité il est question. "

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