Réussir vigne 09 août 2018 à 17h00 | Par Clara de Nadaillac

[VIDÉO] Décavaillonner ses vignes au cheval, c'est possible et rentable

Le château Pape Clément, en Gironde, fait intervenir des chevaux sur ses parcelles huit mois par an. Grâce au développement d'un outil spécifique, la rentabilité est au rendez-vous.

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La traction animale, c'est son dada. (© C. de Nadaillac)

La Pirogue est un châssis enjambeur breveté, qui permet de travailler mécaniquement deux demi rangs simultanément, à l'instar d'un tracteur. À condition que le terrain soit plat, l'outil peut atteindre les mêmes temps de travaux qu'avec un enjambeur, notamment en travail du sol, et ainsi être rentable. Le cheval progresse en effet de 2,5 à 3,5 km/h en chaussage ou décavaillonnage. Ce châssis inox, adapté aux vignes de 1,10 à 1,50 m de large, se compose de trois roues non alignées (une avant et deux arrières), montées en pneumatiques forestiers gonflés à basse pression. Il s'attelle au cheval via une tige métallique qui se fixe sur son collier. Il dispose ensuite d'une plateforme et d'un porte-outils situés entre les roues. La première accueille un appui dos pour le salarié, et le second, les outils. Ces derniers s'abaissent et se relèvent manuellement. C'est le seul réglage qu'il y a à effectuer en arrivant dans les rangs.

 

Bientôt un second type de châssis pour les pointes

De même, le changement d'outil est simple et rapide ; l'opération ne prend que dix minutes. Enfin, l'entretien est réduit à son strict minimum, le châssis n'ayant que quatre points de graissage. Mais qui dit cheval, dit absence de circuit hydraulique ou de prise de force. La tondeuse est donc montée sur un châssis spécifique, disposant d'un moteur thermique pour animer la lame.
Sous peu, le domaine devrait disposer d'un nouveau matériel, puisqu'un prototype est en cours de finalisation. Il permettra d'intervenir dans des vignes de 1 à 1,60 m grâce à un réglage de l'écartement et surtout, de gérer chaque côté de manière indépendante. Il sera ainsi possible de travailler dans les pointes.

Si le château continue à investir dans la traction animale, c'est en partie pour son respect de la vigne. « En décavaillonnage, nous n'avons dénombré aucun cep arraché ou cassé avec le cheval, rapporte Arnaud Delaherche, responsable R & D du grand cru classé château Pape Clément. Étant donné la vitesse de travail, lorsque l'opérateur voit qu'il risque d'abîmer un pied, il a le temps de stopper le cheval, de le faire reculer, puis de repartir sur un bon axe. » Avec l'enjambeur, le taux de casse est de 5 à 8 pieds pour 2,5 hectares (densité de 8 000 pieds/hectare).

Un coût inférieur à celui de l'enjambeur

Par ailleurs, le coût du travail équin n'est pas aussi prohibitif qu'il n'y paraît. Il s'avère même... moins cher que le travail à l'enjambeur ! C'est du moins ce qui ressort des estimations réalisées par le château Pape Clément. Ainsi, pour un chaussage/ déchaussage, un passage de chasse terre, et six de lames (tonte), le travail à l'enjambeur revient à 4 200 euros/ hectare, contre 3 400 euros/ha pour le cheval équipé d'une Pirogue.

Pour en savoir plus sur la traction animale :

Le cheval est également une solution intéressante en situation extrêmes.

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