Réussir vigne 06 décembre 2007 à 16h59 | Par Claudine Galbrun

Conduite de la vigne - Le bois raméal fragmenté rend l´irrigation inutile

"Comment peut-on tolérer l´irrigation des vignes ?", se demande Lydia Bourguignon, agronome au laboratoire Lams. La technique du BRF (Bois raméal fragmenté) qui réactive la vie des sols pourrait être une échappatoire à l´irrigation.

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"La vigne n´a pas besoin de beaucoup d´eau mais réclame des sols vivants. Personne ne se pose la question de savoir pourquoi aujourd´hui, on en arrive à irriguer. Si on en est conduit à cette extrémité, c´est parce que les sols sont morts et que les vignes ne peuvent développer qu´un enracinement superficiel", estime Lydia Bourguignon. Pour relancer l´activité biologique des sols, sachant que la microfaune du sol en assure l´aération, permettant aux racines de plonger en profondeur, Lydia Bourguignon, avec son époux Claude, a testé le BRF sur vignes à grande échelle. Cette technique consiste simplement à épandre un matelas épais de broyat de rameaux et branchages (hors résineux) fraîchement taillés sur le sol en septembre-octobre et à. attendre. Les champignons du sol faisant le reste.

Les tests ont été menés dans trois vignobles : l´un au Mas Amiel (Roussillon) sur sol superficiel schisteux, un autre à Bordeaux, au château La Tour Figeac, sur sol sableux et un troisième en Toscane à Podero Forte, sur sol lourd et argileux. Au Mas Amiel et à la Tour Figeac, un témoin sans BRF a été comparé à trois essais : du BRF épandu sur le rang, sur l´interrang et à la fois sur le rang et l´interrang.
En Italie, le témoin n´a pu être comparé qu´à un essai d´épandage de BRF sur le rang. Sur ce dernier tout comme à Bordeaux, les résultats sur l´activité biologique et la teneur en eau des sols ne sont pas significatifs. En revanche, la mesure de la température du sol en été à 5 et 10 cm montre que le BRF permet de maintenir la température à 26º soit en dessous du seuil qui provoque un blocage de l´activité racinaire, lié à l´effet mulch du BRF, selon Claude Bourguignon.

Des résultats spectaculaires
Au Mas Amiel, les résultats sont par contre spectaculaires : entre mai 2006 et septembre 2007, l´activité biologique du sol avec l´essai entièrement recouvert de BRF a été multipliée par six. Dans la même période, le comptage de la microfaune montre que celle-ci est passée de 10 millions d´animaux par m3 à 340 millions.
En septembre dernier, en plein coeur de la sécheresse, la teneur en eau du sol était deux fois plus importante dans l´essai BRF.
Et sur les trois domaines, il a été constaté un meilleur aoûtage des vignes en 2007. Les deux agronomes vont poursuivre leurs mesures sur l´activité biologique des sols mais en s´intéressant également aux effets du BRF sur la qualité des raisins et du vin. " Ces résultats seront importants pour convaincre les vignerons de l´intérêt de cette technique ", estime Claude Bourguignon.

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