Réussir vigne 07 octobre 2010 à 17h05 | Par C. GALBRUN

Complantation - La diversité au secours de l’expression du terroir

Jean-Michel Deiss, vigneron à Bergheim met en œuvre la complantation dans ses vignes, en complantant jusqu’à dix cépages par parcelle.

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Jean-Michel Deiss (à droite), vigneron à Bergheim dans le Haut-Rhin. 
“ Le cépage n’est pas une population complexe mais un objet biologique sélectionné à outrance. Dans ces conditions, celui-ci ne peut pas 
rendre compte du terroir. Or, c’est la diversité qui est la clé de l’expression de ce dernier. ”
Jean-Michel Deiss (à droite), vigneron à Bergheim dans le Haut-Rhin. “ Le cépage n’est pas une population complexe mais un objet biologique sélectionné à outrance. Dans ces conditions, celui-ci ne peut pas rendre compte du terroir. Or, c’est la diversité qui est la clé de l’expression de ce dernier. ” - © D. Sepeau

"Le vin sans IG (indication géographique) est un vin parfait, sans défaut tandis que le vin AOC est marqué de ce sceau bizarre que personne ne comprend : le terroir ", indique Jean-Michel Deiss. Et pour que ce terroir s'exprime dans sa complexité et de manière stabilisée d'un millésime à l'autre, Jean-Michel Deiss recourt à la diversité de l'encépagement, allant jusqu'à complanter dix cépages sur une même parcelle. " Je n'ai fait en cela que copier nos anciens. Remettre de la diversité dans la parcelle est la clé de l'expression du terroir. Je pratique cette complantation depuis des années, en foule, sans ordre mais avec un type d'encépagement spécifique à chacun de mes terroirs. Sur 10 000 pieds/ha, un seul mètre carré peut être dédié à un cépage particulier. D'ailleurs, la réglementation n'oblige quiconque à faire des plantations pures. Il suffit de déclarer la surface correspondante à un encépagement. Même si en Alsace, mes clients ne me réclament pas un cépage mais un cru et cela ne leur pose aucun problème. "

Renforcer la rusticité de la vigne

En plus d'améliorer l'expression du terroir, cette diversité apportée par la complantation permettrait également de renforcer la rusticité de la vigne, estime encore Jean-Michel Deiss. " Car de cette diversité, va naître un équilibre qui me permet de limiter le nombre d'interventions. La monoculture absolue rendant obligatoire de nombreux traitements. Je note d'ailleurs avec satisfaction que l'Inao a autorisé l'introduction, dans les cahiers des charges des appellations, la présence jusqu'à 10 % de cépages orphelins autochrones ou oubliés ainsi que des mesures agri-environnementales si celles-ci ont un effet direct sur le produit, son lien à l'origine. Il serait bon d'ailleurs que les contrôles effectués portent sur l'existence de ce lien. "

 

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