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Technicien, la passion du porc

Travailler sur objectifs, posséder un niveau de formation élevé et une expérience solide de terrain, être proche des éleveurs, sont les principales qualités demandées aux techniciens par leurs employeurs.

Nous avons interviewé quatre responsables de groupements, employant environ 150 techniciens, pour mieux cerner ce qu’ils attendent d’eux. Pour tous, les missions confiées aux techniciens poursuivent le même objectif de fidélisation et de progression des éleveurs, mais les moyens pour y arriver diffèrent. Chaque structure recrute également des profils parfois différents.Mais tous s’accordent à dire que l’essentiel pour un technicien est d’être passionné par son métier.

1)Missions du technicien: accompagner l’éleveur dans son développement

Le technicien-conseil, aussi appelé animateur-conseil, est le principal interlocuteur de l’éleveur, celui qui doit percevoir en premier ses besoins, qui apporte les conseils et relaie ses demandes spécifiques à d’autres techniciens spécialisés : génétique, bâtiment, environnement… Le travail du technicien a profondément évolué durant ces dernières années. « Il doit désormais travailler avec l’éleveur sur des objectifs et non plus faire du « pompier », estime André Bloc’h, responsable porc à Sanders Bretagne. « Les techniciens ont des objectifs techniques à atteindre dans chaque élevage qu’ils suivent », renchérit Patrick Piton, directeur du groupement porc de Coopagri Bretagne. Mais le technicien est bien plus qu’un conseiller. « Son rôle est également de fidéliser les éleveurs », ajoute André Bloc’h. « Les techniciens font également de la prospection pour le groupement et l’aliment », complète Joseph Saulnier, directeur du groupement Cooperl Arcatlantique. Leur rémunération est essentiellement composée d’un salaire fixe. Mais certaines structures ont mis en place un système d’intéressement basé sur des critères objectifs : nombre d’éleveurs réalisant la GTE et la GTTT, ou bien participant à des groupes de progrès chez Sanders Bretagne, réalisation des objectifs techniques fixés en début d’année avec les éleveurs chez Coopagri Bretagne.

2) Profil de recrutement : le diplôme ne fait pas tout

Le niveau d’étude des techniciens ne cesse de progresser. « Il faut être très bien formé, si possible ingénieur », exige Joseph Saulnier. « Le profil idéal est un jeune ingénieur récemment diplômé de l’Esa d’Angers, de Beauvais ou de Lille », précise Patrick Piton, qui recrute en priorité ceux qui ont fait leur stage de fin d’étude au sein de la coopérative. André Bloc’h privilégie la voie de l’apprentissage développée également par ces écoles d’ingénieur. « Nous pouvons ainsi évaluer sur deux ans les futurs techniciens au cours de leur séjour dans l’entreprise », justifie-t-il. Le jeune titulaire d’un BTSA a également toute ses chances, « à condition qu‘il ait une première expérience pratique de 5 à 10 ans en élevage », tempère Patrick Piton. « Le diplôme doit être complété par une formation de terrain. Le technicien doit avant tout connaître les fondamentaux du métier et les particularités de la production », confirme Bernard Bernicot, animateur technique à l’Union Prestor Cecab. Mais le diplôme ne fait pas tout, loin de là. « Il faut avoir obligatoirement la fibre de l’élevage, l’esprit coopératif, être curieux et battant », prévient Joseph Saulnier. « L’essentiel réside dans la motivation pour la production porcine », confirme Patrick Piton. « Ce qui compte, c’est la passion du porc, être capable de s’adapter aux spécificités du métier, et d’avoir une bonne ouverture d’esprit », complète André Bloc’h.

3) Organisation des structures : proximité avec les éleveurs

Chaque technicien suit entre 40 et 70 éleveurs. « Ce chiffre peut varier selon la zone géographique, la densité et la structure des élevages », souligne Bernard Bernicot. La faible densité des élevages devient problématique en dehors du Grand-Ouest, quand le technicien doit parfois faire plusieurs dizaines de kilomètres entre deux élevages. Le technicien travaille en équipe. Si le groupement intervient sur une zone géographique importante, les équipes se scindent entre plusieurs régions. Coopagri a opté pour la départementalisation des équipes. « Cette organisation traduit également la nécessité de symbiose entre les équipes techniques et les éleveurs », justifie Patrick Piton. Dans les grosses structures, le technicien peut s’appuyer sur des collègues spécialisés dans leur domaine : bâtiment, génétique, environnement, aliment, FAF… « Ces experts interviennent ponctuellement à la demande de l’animateur et de l’éleveur », explique André Bloc’h. « Le technicien est un homme orchestre qui doit savoir mobiliser les compétences pour apporter des solutions pointues », complète Joseph Saulnier. Cependant, le groupement ne propose pas toujours tous les services nécessaires à l’éleveur. « Il faut être capable dans ce cas de travailler en bonne intelligence avec les autres techniciens qui interviennent sur l’élevage », estime Bernard Bernicot.

4) Les perspectives d’évolution: une expérience enrichissante

« Le nombre de technicien est amené à diminuer compte tenu de la concentration du secteur, de l’augmentation de la densité porcine, de la concentration des sites et de la diminution du nombre d’éleveurs », prévient Joseph Saulnier. « Le nombre de techniciens n’augmente pas globalement, mais leur profil évolue fortement, et nécessite des connaissances de plus en plus pointues face à des éleveurs dont le niveau technique progresse également », juge André Bloc’h. C’est pourquoi, dans ce métier qui évolue en permanence, Patrick Piton estime qu’un technicien doit pouvoir occuper sa fonction pendant 5 à 10 ans au minimum. « Ensuite, s’il maîtrise toutes les compétences amont de la filière porcine, il peut évoluer vers une fonction commerciale, un poste d’encadrement, de gestion ou de management », complète-t-il. C’est l’avantage des entreprises importantes comme Coopagri ou Cooperl, chez qui des évolutions sont possibles en interne. « Mais la plus belle réussite pour un technicien, c’est qu’il s’installe comme éleveur après quelques années d’expérience », conclut Joseph Saulnier.

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