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Depuis dix ans, la vitesse de croissance des porcs charcutiers n'a cessé d'augmenter en France

Selon les données de GTE diffusées par l’Ifip, la croissance des porcs en engraissement a fait un bond en dix ans. Mais l’impact économique de cette progression est difficile à estimer.

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Le groupe des 33 % meilleurs dépasse les 900 g/j avec un GMQ 30-115 kg de 916 g/j.
© Ifip

Les indicateurs techniques mesurés par la GTE démontrent une forte progression des croissances entre le sevrage et la vente depuis dix ans. 

Plus légers à l’entrée en post-sevrage en 2024 (6,7 kg contre 7,1 kg en 2015), les porcs se sont alourdis de près de 3 kg sur cette période pour sortir d’engraissement à 122,4 kg en moyenne en 2024. Avec une durée de présence en élevage stable à 161 jours en 2024 (-1 jour en 10 ans), la vitesse de croissance s’est fortement accélérée, et le gain moyen quotidien (GMQ) standardisé entre 8 et 115 kg atteint 730 g/jour (+ 4 % en 10 ans). Si le GMQ 8-30 kg en post-sevrage est resté stable autour de 475 g/j, la vitesse de croissance en engraissement a augmenté de 6 % pour atteindre 858 g/j entre 30 et 115 kg. Pour le groupe des 33 % meilleurs naisseurs-engraisseurs triés sur la marge en GTE, le GMQ en engraissement atteint 870 g/j en moyenne, avec plus de 60 grammes gagnés en 10 ans.

 

 
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Graphique - Accélération de la vitesse de croissance en engraissement Évolution en dix ans des vitesses de croissance en GTE © Source : Ifip d'après GTE GT-Porc

Plus de 900 g/j pour les meilleurs

Si on trie les élevages selon leur vitesse de croissance en engraissement, le groupe des 33 % meilleurs dépasse les 900 g/j avec un GMQ 30-115 kg de 916 g/j, quand celui des 10 % meilleurs affiche 953 g/j. Ces élevages disposent aussi de meilleures efficacités alimentaires, avec des indices de consommation (IC) entre 30 et 115 kg de respectivement 2,49 et 2,43 pour les 33 % et 10 % supérieurs, soit 0,12 et 0,18 de mieux que la moyenne. Leurs taux de pertes et saisies, de 3,1 % en 2024, est également plus faible que la moyenne (-0,3 point), signe d’un niveau sanitaire mieux maîtrisé sur ces ateliers. La productivité est plus élevée, et les porcs sortent plus lourds, mais les TMP sont similaires. Ces élevages aux fortes croissances sont plus nombreux à acheter de l’aliment complet (54 % pour le tiers supérieur contre 42 % pour la moyenne), avec un aliment probablement plus performant mais aussi plus cher. La part d’élevages produisant des mâles entiers, dont les meilleures performances en termes d’efficacité alimentaire et de croissance sont connues, est également plus importante (57 % pour le tiers supérieur contre 48 % pour la moyenne).

Des gains économiques variables

L’accélération de la croissance peut dans certains cas être bénéfique pour l’éleveur, et améliorer son résultat économique., Mais cet impact est plus difficile à estimer qu’un gain de productivité ou d’indice de consommation, car il dépend de la situation de l’éleveur en termes de conduite de l’engraissement.

Pour un naisseur-engraisseur dont le GMQ progresse, deux hypothèses peuvent être retenues :

Si la durée de présence des porcs est maintenue en engraissement, l’éleveur produira des porcs plus lourds. Sa marge sera impactée à la fois par un plus grand nombre de kilos vendus et par une consommation d’aliment supplémentaire, dont les impacts vont dépendre du contexte économique : il est plus intéressant de produire des porcs plus lourds quand le prix du porc est élevé et le prix de l’aliment bas, d’autant plus que l’indice de consommation et le TMP se dégradent en fin d’engraissement, ce qui augmente les charges alimentaires d’une part et pénalise la plus-value technique d’autre part.

Si le poids de vente des porcs est maintenu, leur croissance plus rapide va permettre de réduire la durée de présence et donc augmenter la durée du vide sanitaire. Si le vide sanitaire était très réduit, cela améliorera la situation sanitaire et potentiellement les performances de ses animaux. Mais si le vide était déjà suffisant, l’impact sera nul voire négatif (risque de recontamination).

Les mêmes conséquences seront observées pour un engraisseur ou post-sevreur-engraisseur lié à un naisseur pour son approvisionnement en porcelets, avec une durée d’engraissement des porcs contrainte par les livraisons de porcelets. Pour un engraisseur s’approvisionnant plus librement sur le marché, la réduction de la durée d’engraissement permettra d’augmenter sa rotation et donc sa productivité en entrant plus de lots par an. L’impact économique sera alors notable.

L’impact économique des bonnes croissances en engraissement est difficile à estimer, d’autant plus qu’elles s’accompagnent souvent d’un bon niveau sanitaire, avec des taux de pertes réduits, et d’une bonne efficacité alimentaire. Ces interactions favorables contribuent à améliorer le produit et réduire la charge alimentaire, laissant ces élevages bénéficier alors d’une meilleure marge sur coût alimentaire et renouvellement.

Alexia Aubry alexia.aubry@ifip.asso.fr

Ifip-Institut du porc

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