Réussir porc 03 décembre 2004 à 12h59 | Par Claudine Gérard

Viande de porc - Selon une étude ITP, la France peut mieux vendre la viande fraîche

Anne Lacoste, économiste à l´ITP, a présenté pendant le Space(1), les résultats d´une étude menée en Europe sur la vente de porc frais. Principale conclusion : en France, l´attractivité du rayon gagnerait à être améliorée.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

C´est vrai, la France est d´abord le pays du jambon cuit, avec 300 000 tonnes achetées par an. Mais la viande fraîche reste aussi un débouché de la carcasse qui ne doit pas être négligé. Anne Lacoste, économiste à l´ITP, s´est penchée sur sa valorisation, comparant les pratiques des quelques pays européens. Premier constat : le Français ne consomme « que » 12 kg de viande fraîche par an, alors que l´Espagnol en consomme 31 kg et l´Allemand 27 kg, soit près de la moitié de la consommation totale de porc ! La raison en est-elle une tradition alimentaire ou le manque d´attractivité du rayon « viande fraîche » ? Sans doute les deux. Car Anne Lacoste, parcourant les rayons des hypermarchés européens fait un constat plutôt sévère : en France, en super et hyper marché, l´offre du linéaire « porc » est plutôt pauvre, peu attractive, et peu diversifiée. Quand on sait que 82 % de la viande fraîche est vendue en libre-service, ce constat est sérieux.
Des linéaires plus ou moins attractifs.©ITP

La comparaison menée par l´ITP commence par la longueur du linéaire consacré à la viande fraîche. Si, dans les supermarchés, elle est à peu près constante (environ 12 m, dans tous les pays), c´est dans les hypermarchés que les différences sont colossales : de 20 à 40 m en Espagne, et seulement 4 à 20 m en France.
Fatalement, le nombre de références suit la même tendance, les Espagnols proposant en moyenne 30 à 35 produits de viande fraîche différents, quand les français n´en ont que 20 à 25. En terme de segmentation des produits, les anglais s´avèrent particulièrement compétents, avec des produits segmentés sur l´origine -y compris étrangère-, le mode de cuisson ou de préparation, la diététique, les conditions d´élevage.
Nos produits peu segmentés ne sont pas pour autant les moins chers : 11 euros/kg de filet-mignon contre 9,5 en Allemagne, 12 en Grande Bretagne, ou 17 aux Pays-Bas. De plus, Anne Lacoste constate peu d´écart de prix en France entre des pièces « nobles » comme le médaillon et des morceaux plus basiques comme les côtes.
Et elle prévient : « Attention ! Si nous ne parvenons pas à débanaliser la viande de porc, nous devrons nous battre contre des viandes encore moins chères ! » Et la concurrence est rude. « Un salaisonnier qui va raisonner » minerai « va toujours trouver des sources de protéines moins chères. »
Les Français doivent donc développer des gammes de produits issues de viande de porc, répondre à de nouvelles attentes des consommateurs qui recherchent des produits bon marché, sains et pratiques, présenter des rayons attractifs. A qui revient l´initiative ? « Certainement pas à la grande distribution », affirme Olivier Dauvers, consultant invité à s´exprimer sur le sujet. « Obsédée par le prix, la grande distribution recherche une « massification » de ses ventes, et n´a aucun intérêt à élargir son offre produits. D´autre part, pourquoi voulez-vous que la distribution s´intéresse plus au porc qu´à d´autres produits ? » Il incombe donc à la filière porcine, et particulièrement aux industriels de travailler pour qu´effectivement, les Français retrouvent l´envie d´acheter de la viande de porc.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui