Réussir porc 24 février 2005 à 12h12 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

Viande de porc - « Nos éleveurs se retrouvent au-delà des clivages » observe le président de Cochon de Bretagne

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Que représente aujourd´hui Cochon de Bretagne ?
Daniel Picart : Cochon de Bretagne, ce sont aujourd´hui 870 éleveurs, sur toute la Bretagne, avec une forte proportion de Finistériens et de Costarmoricains.
Ce sont 45 000 porcs produits par semaine sous cahier des charges, dont 10 000 en certification et un total de 32 000 porcs valorisés sous la marque. Actuellement, la plus-value est de 0,5 centime pour les porcs Cochon de Bretagne, et 1 centime pour les certifiés, s´ajoutant à la plus value de 2 centimes du porc T.
Ces plus-values sont sans doute inférieures à celles que les éleveurs attendaient ?
D.P. : Elles essaient de « coller » au plus juste aux charges créées par le respect du cahier des charges. Mais Cochon de Bretagne a, depuis le début, un double objectif. Celui, évidemment, de défendre un cahier des charges et de le rémunérer au mieux. Mais aussi de défendre notre métier d´éleveur et nos valeurs liées à notre territoire. Les éleveurs qui, avec nous, défendent notre logo, l´ont bien compris, et cette partie « fierté du métier » est un élément important dans leur adhésion à Cochon de Bretagne.
Quant aux volumes, sont-ils à la hauteur de vos espérances ?
D.P. : C´est un de nos regrets. Actuellement nous sommes partenaires de trois outils d´abattage, Kermené, Bigard et Charal. Avec un ou deux abattoirs de plus, nous aurions certainement pu accéder à d´autres enseignes et avoir une véritable démarche fédératrice de l´offre, ce qui se passe déjà, mais à un trop petit niveau. Beaucoup d´abattoirs obéissent aujourd´hui à des politiques de filières internes, fermées, qui ont bâti des cahiers des charges et certifications, plus pour fidéliser leurs producteurs que pour avoir une vraie démarche qualité en aval.
Mais les groupements engagés sous votre enseigne sont précisément des « indépendants » ?
D. P. : Plutôt qu´indépendants, je préfère parler de filières horizontales. Il nous faudra toujours des partenaires amont et aval, mais nous ne voulons pas être liés par le capital, ce qui nous amènerait à « l´obligation du choix ». Nous pouvons ainsi travailler en bonne intelligence avec des partenaires libres. Chacun son métier.
J´ai un autre regret concernant les groupements. Notre démarche s´est toujours voulue fédératrice. Mais, comme dans beaucoup d´autres dossiers, si nos structures avaient dépensé autant d´énergie à défendre notre métier plutôt qu´à se battre entre elles, nous aurions avancé plus vite. Pourtant les éleveurs engagés dans Cochon de Bretagne, lorsqu´ils se retrouvent à mener des actions concrètes sur le terrain, comme au Salon de l´agriculture, arrivent sans ces clivages, car ils se reconnaissent dans la démarche.
Vous voulez dire, que les freins viennent des structures ?
D. P. : Plutôt de leur volonté à garder leurs éleveurs dans la toile tissée par chacun des groupements, ce qui est logique pour garder le potentiel de production. Mais il est grand temps de réagir autrement. La question n´est plus de savoir quel groupement va croquer l´autre ! La question que se posent tous les éleveurs est existentielle : la production porcine sera-t-elle en Bretagne demain ? Pourrons-nous installer nos enfants dans ce métier ?
Il est grand temps que les éleveurs et éleveuses de 30 ans prennent le manche et nous disent quelle production porcine ils veulent à moyen terme.
J´ai la naïveté de penser que les structures, à l´avenir, défendront l´intérêt supérieur plutôt que de se battre inutilement à propos de conflits historiques ou d´intérêts à court terme.
La communication du Cochon de Bretagne est-elle aujourd´hui bien perçue du consommateur ?
D.P. : Elle n´est sûrement pas assez vue et Cochon de Bretagne n´est pas une marque assez connue. C´est une question de moyens. Nous essayons d´utiliser le plus efficacement possible nos budgets. Mais c´est sur nos produits que l´on peut multiplier les occasions de contacts. Le commerce fait donc beaucoup pour la notoriété de la marque. Il nous faut donc multiplier les endroits et les produits où l´on peut nous voir. Mais, notre budget étant restreint, notre force réside dans l´engagement des éleveurs dans toutes les actions que nous menons.
Que faire pour donner l´envie au consommateur de préférer votre marque, quelle différence avec VPF ?
D.P. : VPF est un porc français, c´est tout. Comme la Bretagne est toujours en France, nous sommes VPF par décret, mais Cochon de Bretagne par l´engagement des éleveurs.
Il nous faut convaincre le consommateur que la qualité a un prix. Dans d´autres secteurs de l´économie, cela est vrai. Pourquoi pas en agriculture ?
Notre récent partenariat avec la salaison Debroas prouve d´ailleurs que l´on peut se battre sur les marchés avec nos armes que sont la qualité et le territoire, plutôt que le prix le plus bas.

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