Réussir porc 23 novembre 2006 à 13h46 | Par Claudine Gérard

Viande de porc - Les économistes américains sont optimistes pour le marché des Etats-Unis, du Canada et du Brésil

Les États-Unis, le Canada et le Brésil vont voir leur production et leurs exportations de viande de porc progresser jusqu´en 2015. C´est ce qu´a annoncé Mildred Haley, économiste à l´USDA(1) au cours des rencontres Ifip du Space(2).

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Les États-Unis, suivis par le Canada et le Brésil, vont augmenter leurs exportations de viande de porc dans les 10 ans qui viennent. C´est ce que prévoit le service de recherche en économie du département de l´agriculture des États-Unis, l´USDA. Mildred Haley est venue présenter en France les perspectives de son unité de recherche, au cours du Space. Les prévisions sont établies chaque année pour les 10 ans à venir, pour 17 produits agricoles et 24 pays ou régions. « Les prévisions sont basées sur des hypothèses de macro-économie, de géopolitique, de climat et de développements internationaux », précise l´américaine. « Parmi les 23 pays du continent américain, trois ont la plus grande possibilité de vous concurrencer dans le secteur porcin : le Mexique, le Brésil, le Canada et les Etats-Unis. » L´économiste s´en explique en passant en revue les forces et faiblesses de ces quatre grands pays.
La production américaine devrait augmenter de 1 % par an jusqu´en 2015, selon l´USDA. ©G. Martineau

Les États-Unis cumulent les atouts
Aux États-Unis, les principaux atouts sont la puissance des outils d´abattage et la disponibilité en maïs. Entre 2006 et 2015, les économistes américains prévoient une augmentation de la production de près de 1 % par an, sachant que le pays est déjà de loin le plus gros producteur du continent américain, avec un cheptel d´environ 60 millions de porcs, soit deux fois plus qu´au Brésil (environ 30 millions de porcs), et quatre fois plus qu´au Canada (environ 15 millions de porcs). Compte tenu de la faiblesse prévue du dollar, l´USDA calcule que les exportations de viande de porc des USA vont progresser à un rythme de 2,4 % par an jusqu´en 2015, pour atteindre 21 % des exportations mondiales. En 2015, les exportations américaines représenteraient alors 21 % des échanges mondiaux, soit un niveau équivalent à celui qui est prévu pour le Canada.

Le Canada reconnu pour la qualité de sa production
Ce pays qui a vu sa production augmenter de 69 % entre 1990 et 2005, exporte aujourd´hui 57 % de sa production (1,3 million de tonnes équivalent carcasse en 2004), dont une part importante en vif, vers les États-Unis. Pour Mildred Haley, le pays se différencie des États-Unis par une production de meilleure qualité et une bonne technicité des élevages. Elle prévoit que les exportations de viande de porc vont aussi croître au rythme de 2 % par an, soit + 300 000 tonnes chaque année. Mais elle souligne que le handicap majeur du pays est aujourd´hui sa monnaie. « Entre janvier 2002 et septembre 2006, le dollar canadien a augmenté de 44 % par rapport au dollar américain », souligne-t-elle, estimant que cette parité entre les deux monnaies devrait durer dans le temps, sachant que « le dollar US restera très bas au cours de la période prévisionnelle ».


Le Brésil devra régler son handicap sanitaire
Troisième exportateur du continent américain, le Brésil pose toujours question. « Le brésil va-t-il conquérir le monde ? », s´interroge l´américaine. « Cela dépendra de la capacité du pays à gérer ses problèmes sanitaires, en particulier la fièvre aphteuse. » Mildred Haley souligne en effet que les épisodes récurrents de la maladie empêchent le Brésil d´accéder aux marchés à haute valeur ajoutée. Et selon elle, la situation va durer. Elle prévoit que, pour cette raison, les exportations brésiliennes vont légèrement régresser voire se stabiliser jusqu´en 2008, mais qu´elles reprendront à un rythme soutenu d´environ 4 % par an jusqu´en 2015. Le Brésil sera alors le quatrième bassin porcin exportateur de viande de porc avec 17 % des échanges internationaux en 2015. Car, on le sait, ses atouts sont incontestables : superficie, climat, ressources, structure de la production.
Du maïs à plus de 200 euros la tonne !
Ces prévisions à 10 ans laissent donc présager d´une situation somme toute comparable à celle d´aujourd´hui. Pourtant, l´USDA prévoit un changement majeur qui pourrait contrarier la compétitivité américaine, à savoir le prix du maïs. Le gouvernement américain a en effet lancé un programme pour réduire la dépendance du pays en pétrole, programme qui mise sur la production d´éthanol à partir de maïs, avec des subventions à la clé. Résultat, le prix du maïs pourrait flamber et l´atout majeur des producteurs de porc américains deviendrait une faiblesse. « Avec ce programme américain, les usines d´éthanol pourraient acheter le maïs jusqu´à 215-277 euros la tonne sans pertes ! », annonce Midred Haley. Dès à présent, les prévisions de l´USDA portent le prix du maïs US à 100 euros la tonne en 2009, contre 65 euros environ aujourd´hui. Lorsque les économistes de l´USDA ont établi leurs prévisions en ce début d´année, ils ont « deviné » cette tendance. Aujourd´hui, ils en ont la confirmation et l´intégreront plus précisément dans leurs prochaines projections à 10 ans. Il sera donc très intéressant de connaître les prévisions qu´ils vont remettre à jour en janvier 2007.

(1) United States Department of agriculture, Washington
(2) Rencontres Ifip, le 15 septembre, Rennes.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui