Réussir porc 20 septembre 2005 à 14h21 | Par Armelle Puybasset

Valorisation des lisiers - Réussir son compost en sept points

Les essais de compostage d´issus de séparation de phases du lisier, ont permis
de définir un guide technique, précisant les principes à respecter pour obtenir
un compost stabilisé.

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Le compostage est une bonne solution pour valoriser les refus de séparation de phase issus des stations de traitement du lisier. Mais pour obtenir un produit stable et normé, conforme aux exigences des débouchés potentiels et notamment ceux nécessaires à l´exportation, sa fabrication implique de respecter un certain nombre de principes. Jusqu´ici les éleveurs réalisant du compost manquaient d´informations et de références, notamment sur le nombre de retournements nécessaires, leur fréquence, l´ajout de support carboné, les durées. Au final, les caractéristiques du compost obtenu n´étaient pas toujours satisfaisantes. De ce fait, les Chambres d´Agriculture de Bretagne ont élaboré un « guide technique » du compostage en andain de co-produits issus de séparation de phases de lisier brut par centrifugation. Il est issu de récents essais réalisés à la station expérimentale de Guernevez mais également chez David Billon, éleveur à Loc Eguiner, qui fabrique son compost à l´aide d´un godet aérateur Emily. Bertrand Le Bris et Paul Toularastel, de la Chambre d´Agriculture nous rappellent les principales règles à respecter pour réussir son compost.
Réussir un compost issu de refus de séparation de phase du lisier nécessite de respecter un certain nombre de règles. ©A. Puybasset

Ajouter de la paille pour favoriser l´oxygénation
Lorsque le taux de matière sèche du refus de centrifugeuse est faible (en-dessous de 30 %), il est nécessaire d´ajouter un support structurant (paille ou déchets verts) afin d´éviter le tassement, de favoriser l´oxygénation et d´accélérer le processus de fermentation. Cela permet de gagner du temps et de la surface de bâtiment. « Il n´y a pas de taux d´incorporation idéal », note Bertrand Le Bris. « Tout dépend de la composition du coproduit brut et de la qualité souhaitée sur le compost (teneur en matière sèche et concentration des éléments fertilisants). Toutefois, le taux minimal d´incorporation est de 1,5 %. 3 % est un bon compromis. »
©A. Puybasset

Veiller à l´homogénéité du mélange paille et refus
Le mélange des refus de séparation et de la paille doit être le plus homogène possible, et ceci dès le départ. Plusieurs techniques de mélange ont été testées, la plus efficace est la suivante : Faire un pré-mélange au godet des refus de séparation avec la moitié du volume de paille. Disposer le reste de la paille sur la plate-forme. Superposer le pré-mélange sur la paille. Réaliser deux retournements successifs. « Cette étape peut paraître longue et contraignante (compter près de deux heures pour préparer un andain de 30 tonnes) », admet Bertrand Le Bris. « Mais plus le mélange sera homogène, plus l´évolution du produit sera rapide. »
Faire un andain d´une hauteur maximale de 1,2 m
Pour éviter les risques de tassement et de blocage des fermentations (visibles par l´apparition de zones blanches, compactes et plus ou moins humides), la hauteur du produit à composter ne doit pas dépasser 1,2 m à 1,3 m. On peut toutefois dépasser cette hauteur si l´on augmente le taux d´incorporation de paille.
©A. Puybasset

Retourner le compost une fois par semaine
Le compost doit être retourné au moins une fois par semaine afin d´optimiser le compostage et obtenir un produit homogène. au-delà d´une semaine, les phénomènes de tassement retardent l´évolution des fermentations.
©A. Puybasset

Disposer d´une plate-forme adaptée au compostage
La plate-forme de compostage doit être adaptée de façon à optimiser la surface de bâtiment et à minimiser les temps passés à la manipulation des coproduits.

Contrôler la température une fois par semaine
La température est le critère qui traduit le mieux l´évolution des fermentations en cours de compostage. Pour obtenir un bon compost, la température moyenne de l´andain doit être supérieure à 50 degrés pendant six semaines ou 55 degrés pendant 15 jours(1). Les mesures de températures doivent être réalisées une fois par semaine à l´aide d´une sonde, sur au moins 5 points fixes (les repérer par un piquet), répartis sur toute la longueur de l´andain. Ils doivent être situés au centre de l´andain dans le sens de la longueur et à une hauteur de 30 à 40 cm du point haut.
Disposer d´une plate-forme adaptée au compostage
La plate-forme de compostage doit être adaptée de façon à optimiser la surface de bâtiment et à minimiser les temps passés à la manipulation des coproduits.

Laisser faire le temps
La transformation du co-produit en compost nécessite une durée minimale incompressible. Huit semaines au minimum sont nécessaires pour la phase de compostage et deux à trois mois pour la phase de maturation.



(1) Circulaire compostage du 17 janvier 2002

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