Réussir porc 13 décembre 2002 à 17h04 | Par Dominique Poilvet

Valorisation des jambons - Le porc lourd « Maggiore » fête ses dix ans

Créé en 1992, le porc Maggiore représente aujourd´hui 9000 porcs abattus chaque semaine à l´abattoir Bernard à Locminé (56). Un pari réussi pour Jean Floc´h et le groupe Glon Sanders.

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« On sait faire des porcs en Bretagne. Les Italiens sont demandeurs de jambons lourds pour faire du jambon façon Parme. Alors pourquoi ne pas occuper ce créneau ? » Toujours à la recherche de nouveaux débouchés pour sa production, Jean Floc´h a saisi l´opportunité qui se présentait en 1992 pour écouler des jambons vers le sud de l´Europe, avec des animaux plus lourds et plus gras que le porc standard. « Alors que le marché français demandait du maigre et du léger, nous sommes allés à contre courant en réclamant l´inverse », se souvient-il.
©D. R.

Amélioration de la rentabilité des élevages
Les éleveurs des groupements Porc Ouest et L´Armorique, rejoints depuis peu par Porc Loire (44) et GPPM (72) fournissent les porcs dont le poids peut aller jusqu´à 150 kg. Glon Sanders s´occupe de l´aliment et de la génétique (France Hybride). Par rapport à la référence Uniporc, une majoration comprise entre 0,05 et 0,20 euro/kg de carcasse est accordée pour les carcasses dont le poids est compris entre 100 et 120 kg. Il en est de même pour la valeur G2 au delà de 17,5 mm (de 0,008 euro à 0,069 euro/kg). « Le Maggiore améliore aussi la rentabilité des élevages par l´augmentation du nombre de kilos produits par truies, en moyenne 350 kg de plus », ajoute Christian Le Goudivès, président de L´Armorique. « Les charges fixes, main d´ouvre, assurances, bâtiments sont mieux amortis. »
En contrepartie, il est nécessaire d´avoir les surfaces nécessaires pour loger une bande supplémentaire en engraissement. « Le système d´alimentation doit permettre d´obtenir une croissance minimum de 750 g/jour sur la période d´engraissement », précise Alain Guillaume, responsable du marché porcs Glon Sanders.
©D. R.


Toute la carcasse est valorisée
Depuis cinq ans, la marge brute moyenne par truie des éleveurs Maggiore est supérieure de 135,23 euros à la moyenne des naisseurs engraisseurs bretons. Et ce n´est pas fini : « si les éleveurs parviennent à produire un cochon pour un marché très particulier, c´est entendu, je rémunère cette production avec une plus value », martèle Jean Floc´h. En dehors des jambons qui partent essentiellement vers l´Italie, les poitrines sont exportées vers la Corée, un pays fortement demandeur de pièces lourdes et grasses. Les cours de longes sont vendus en Grande Bretagne, et au Japon quand les frontières ne sont pas fermées. Les bardes de gras sont facilement exploitées par les industries agro-alimentaires. Beaucoup de pièces partent également vers la salaison. « C´est aussi parce que nous sommes salaisonniers et que nous valorisons bien les autres produits des carcasses que le Maggiore est un succès », ajoute Jean Floc´h.

L´avenir est donc rose pour le Porc Maggiore, d´autant plus que le dirigeant de l´abattoir Bernard, fidèle à son image, n´envisage pas de limites à cette production. Plus pragmatiques, ses partenaires chiffrent un objectif de 15 000 porcs par semaines, soit 780 000 porcs par an. La SARL Porc Maggiore récemment créée regroupe les acteurs de cette production. Son premier objectif est d´obtenir une CCP dans les mois à venir.

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