Réussir porc 07 avril 2016 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Une situation des matières premières inédite

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Il est très difficile aujourd’hui de dessiner des tendances de prix des matières premières pour l’alimentation animale.
Il est très difficile aujourd’hui de dessiner des tendances de prix des matières premières pour l’alimentation animale. - © Nicole Ouvrard

Invité de la Swine Conference*, François Luguenot, responsable des analyses de marché chez InVivo Trading, estime qu’il est très difficile aujourd’hui de dessiner des tendances de prix des matières premières pour l’alimentation animale. La situation actuelle est, pour lui, incomparable à celle des années passées. « Il n’y a aucun lien entre la chute des « commodités » partout dans le monde (pétrole, fret), et celle des céréales. " Selon lui, les cours bas actuels pour le blé sont liés à d’importants stocks, eux-mêmes liés à l’absence de phénomène météorologique majeur ces deux dernières campagnes. « El Nino est bien passé, mais très vite, et au final, sans grosse conséquence sur les récoltes. » Les stocks mondiaux de blé battent donc des records, avec un peu plus de 60 millions de tonnes en 2015 et probablement près de 70 millions de tonnes l’année prochaine.

François Luguenot, responsable des analyses de marché, InVivo Trading.
François Luguenot, responsable des analyses de marché, InVivo Trading. - © C. Gérard

Quant au maïs, le prix est fortement lié à la demande chinoise en baisse. Le spécialiste explique que la Chine croule sous ses stocks de maïs (100 000 tonnes), « une vieille habitude des gouvernements chinois qui se prémunissaient contre une éventuelle guerre », stocks coûteux dont ils peinent à se débarrasser compte tenu du prix de revient de ce maïs stocké. Par ailleurs, aux États-Unis, l’utilisation du maïs pour la production de bioéthanol reste stable. L’expert prévoit donc que la production mondiale de maïs pourrait baisser au cours des prochaines campagnes.

En revanche, il prévoit que la demande en tourteau de soja va continuer à croître, tout simplement en raison de la demande de viande croissante dans le monde, donc du besoin en protéines végétales. Et la Chine, qui importe les deux tiers de toutes les exportations mondiales, ne parviendra jamais à l’autosuffisance en protéines pour l’alimentation animale, le gouvernement ayant pour objectif l’autosuffisance alimentaire des hommes plutôt que celle des animaux.

 

* organisée à Paris le 1er février 2016 par le fournisseur d'additifs Adisseo.

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