Réussir porc 14 avril 2008 à 15h46 | Par D.Poilvet

Une étude de la Chambre d'agriculture de l'Orne - Profiter des mises aux normes pour se restructurer

Pour Georges Mézière, technicien porcs à la chambre d’agriculture de l’Orne, la mise aux norme des truies peut être l’occasion de faire évoluer son élevage et réorganiser le travail.

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Georges Mézière, Chambre d'agriculture de l'Orne
Georges Mézière, Chambre d'agriculture de l'Orne - © dp

A l’occasion de la journée technique porc de la chambre d’agriculture de l’Orne le 9 janvier dernier, Georges Mézière a simulé trois situations vers lesquelles un élevage de 130 truies NE peut évoluer en profitant de la mise aux normes bien être. « Le passage aux truies en groupe sera l’occasion pour beaucoup de restructurer l’outil de production, et notamment pour les exploitations de moins de 150 truies, de faire appel à de la main-d’oeuvre salariée », souligne-t-il. Cette étude démontre aussi que le coût de production d’un élevage qui s’agrandit et qui fait appel au salariat peut être maintenu. Dans la simulation, l’élevage initial est constitué d’un troupeau de 130 truies NE, avec une main-d’oeuvre familiale. Pour l’éleveur, trois solutions sont envisageables : maintenir l’effectif et s’en tenir uniquement à la mise aux normes, augmenter le cheptel truies et faire appel à de la main-d’oeuvre salariée, et enfin cesser l’activité naissage et convertir ses places de truies par l’équivalent en places d’engraissement.

1)Continuer avec le même effectif

C’est l’évolution la plus simple dans le cadre d’une mise aux normes bien être. L’éleveur maintient son effectif à 130 truies NE avec une conduite en 7 bandes de 16 truies à la mise bas. Il ne fait pas appel au salariat : le travail est assuré par la main-d’oeuvre familiale (1,4 UTH). Le seul investissement consiste à modifier le logement des truies à partir de quatre semaines de gestation jusqu’à l’entrée en maternité (61 réfectoires en libre accès, pour quatre bandes).Dans cette simulation, l’investissement total est de 85 000 euros (réfectoires, caillebotis, chaîne d’alimentation…). Le passage aux truies en groupes dégrade le coût de production de 4 centimes, car l’investissement ne permet pas une amélioration des performances techniques.

- © CA Orne

2)Augmentation du cheptel truie et embauche de salariés

Dans le cas de figure d’un élevage de 130 truies naisseur-engraisseur, l’éleveur ne peut faire appel à de la main-d’oeuvre salariée que s’il envisage un agrandissement de l’élevage.Dans cette simulation, Georges Mézière envisage un passage à 170 truies présentes, avec la création de 474 places d’engraissement supplémentaires et 320 places de nurserie (ancien post-sevrage réaménagé).Dans l’optique d’optimiser les bâtiments, la conduite passe en 5 bandes de 30 truies. Le montant de l’investissement est de 335 000 euros. Cet agrandissement permet à l’éleveur d’embaucher un salarié à plein temps et un autre à mi-temps, tout en diminuant sa propre charge de travail de moitié. L’appel à de la main-d’oeuvre spécialisée améliore les performances techniques (ici, gain de 0,8 porcelet par portée). « D’après les chiffres GTE, les élevages de plus de 150 truies ont une meilleure productivité », justifie Georges Mézière. Au final, le coût de production sur les six années qui suivent est strictement identique à celui de l’élevage qui s’est maintenu à 130 truies. Le revenu de l’éleveur diminue sensiblement, en proportion de son temps consacré à l’élevage de porc.

3) Arrêt du naissage et extension de l’engraissement

L’abandon de l’activité naissage sur son exploitation nécessite au préalable la mise en place d’un contrat d’approvisionnement en porcelets, ou plus sûr encore, l’engagement dans une maternité collective. La transformation des places de truies en engraissement sans modification du droit à produire peut concerner les élevages freinés par les contraintes environnementales, ou bien les éleveurs qui veulent diminuer leur charge de travail tout en évitant le recours au salariat.Dans cette simulation, le nombre de porcs charcutiers vendus augmente de 50 % (de 2600 pour un élevage de 130 truies NE à 3900), sans modifier le nombre d’équivalent porcs administratifs. La charge de travail est divisée par deux (0,7 UTH). L’investissement est de 140 000 euros (474 places d’engraissement, aménagement des post-sevrages). Quel que soit le prix du porcelet, en se référant à des situations de maternités collectives, le coût de production sera supérieur aux deux modèles précédents naisseurs engraisseurs : + 4 centimes/kg de carcasse si le porcelet revient à 37 !, + 8 cts/kg s’il est à 40 ! (chiffres calculés sur les bases économiques de l’année 2006). Le revenu de l’éleveur ne se dégrade réellement que si le coût de production du porcelet est trop important. « En tout cas, l’option post sevrageengraissement est nettement préférable à l’abandon total de la production porcine », note Georges Mézière. Le technicien souligne également qu’à terme, la marge dégagée de l’engraissement peut se cumuler avec celle de la partie naissage si l’éleveur a investi dans une maternité collective

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