Réussir porc 18 octobre 2018 à 15h00 | Par La rédaction

Une AOP pour renforcer l'action collective

Le regroupement des organisations de producteurs du Grand Ouest dans une association d’organisation de producteurs (AOP) pourrait changer profondément le rapport de force entre les producteurs et les abatteurs.

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Michel Bloch, président de l'UGPVB (à gauche), Philippe Bizien, président du CRP bretagne et à droite François Valy, de la FRSEA Bretagne : "Une AOP est désormais possible grâce à l'évolution du droit européen."
Michel Bloch, président de l'UGPVB (à gauche), Philippe Bizien, président du CRP bretagne et à droite François Valy, de la FRSEA Bretagne : "Une AOP est désormais possible grâce à l'évolution du droit européen." - © E. Lecorre

Le Space a été l’occasion de voir plus clair sur le projet d’AOP porté par l’Union des groupements de producteurs de porcs bretons (UGPVB) et soutenu par la FNP et ses branches régionales, le Comité régional porcin (CRP) Bretagne et les sections porcs des FDSEA. Un projet rendu possible par l’évolution du droit européen qui rend désormais possible une telle organisation sans déroger aux règles de la libre concurrence. Un projet qui rentre également dans les plans du gouvernement, exprimés dans le cadre des États généraux de l’alimentation et réaffirmé durant le Space par Stéphane Travers, le ministre de l’Agriculture. Lors de sa conférence de presse, le CRP a détaillé ce que les éleveurs pouvaient attendre de la création d’une AOP.

1 - Conforter le MPB pour la définition du juste prix

De l’avis général, le marché du porc breton est aujourd’hui menacé par l’absence de Bigard et de Cooperl, et par l’écart de prix encore constaté cet été avec les Allemands et les Espagnols. L’AOP permettrait aux OP de mieux s’organiser pour présenter plus de porcs et faire de l’outil de Plérin un passage obligé pour les abatteurs pour s’approvisionner en marchandise. « Aujourd’hui, certains abatteurs viennent au marché non pas pour acheter des cochons, mais uniquement pour faire le prix », déplore François Valy, de la FRSEA. Pour lui, l’idéal serait de faire passer au cadran l’équivalent de deux jours d’abattage, soit 80 000 porcs par semaine. Mais pour augmenter les apports, encore faut-il que tous les groupements jouent le jeu, et que le nombre de porcs vendus en direct diminue. Se posent alors les problèmes des élevages éloignés des sites d’abattage, et des porcs contractualisés par des cahiers des charges. « Hors Cooperl, les porcs libres de tout cahier des charges (hors VPF) représentent entre 40 et 50 % de la production du Grand Ouest, fait remarquer François Valy. Nous avons donc largement de quoi augmenter les apports au cadran ».

2 - Engager des démarches collectives pour prévenir et anticiper les crises

L’objectif est d’éviter que se reproduisent les retards d’enlèvement qui ont fortement pénalisé certains éleveurs en 2016 et 2018. « La commercialisation commune de porcs en vif ou en carcasse de l’excédent de porcs serait à même de rétablir un équilibre du marché et de la fluidité en faveur des éleveurs », souligne Michel Bloch (voir Réussir Porc septembre 2018 page 14). En clair, dégager de manière coordonnée des porcs à l’export serait nettement plus efficace que quelques tentatives isolées qui n’ont aucune incidence sur le marché. Mais ces actions ont un coût, et les responsables des groupements tiennent à ce qu’elles soient financées de manière équitable, puisqu’elles profitent à tous. Les groupements ayant noué des partenariats avec l’aval émettent aussi des réserves, arguant le fait que les abattoirs français ont besoin de travailler à saturation pour ne pas perdre de l’argent.

3 - Financer des actions collectives par des aides PAC

C’est la « carotte » financière qui pèse lourdement en faveur de la création de l’AOP. Au travers du second pilier de la politique agricole commune, des démarches de progrès communes à toutes les OP pourraient être financées. Ces démarches concernent des thèmes aussi variés que la qualité des produits, l’environnement, la bientraitance animale, le sanitaire, les attentes sociétales… « Ce serait une première pour la production porcine d’être financée par des aides européennes », précise Philippe Bizien, président du CRP Bretagne. L’UGPVB souligne aussi que le contrat d’avenir sociétal, un projet porté par la profession qui prévoit de passer un contrat directement avec les distributeurs pour promouvoir le porc français, pourrait aboutir plus facilement.

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