Réussir porc 27 août 2001 à 17h08 | Par F. F.

Traitements de lisier - Les solutions collectives émergent difficilement

Les deux projets finistériens d´usine de traitement du lisier se heurtent à une même opposition composée de mouvements écologistes qui refuse catégoriquement les deux procédés. Les deux projets d´usine de traitement du lisier du nord Finistère avancent avec peine.

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Après Val´Ouest à Milizac, c´est LSE (Lannilis Service Environnement) sur la commune de Lannilis qui se trouve face à des associations d´opposants. Une trentaine(1), dont la grande majorité font partie du réseau Cohérence (voir encadré ci-contre).
Le projet Val´Ouest rassemble 340 éleveurs de la région brestoise. L´idée : du lisier qui, après traitement sur un mélange acide sulfurique et ammoniac, permet d´obtenir un engrais, du sulfate d´ammoniaque, exportable et facile à utiliser. Le coût de l´usine est estimé à 150 millions de francs. Les initiateurs du projet prévoient de traiter annuellement 300 000 tonnes de lisier ainsi que 7 000 tonnes de boues de station d´épuration et 15 000 tonnes de déchets verts compostés(2). Le nouveau conseil municipal de Milizac s´est prononcé contre le projet.
Le projet LSE regroupe trente producteurs qui ont fait le choix de la méthanisation. Dans un premier circuit vont être traitées 37 350 tonnes de lisier, ainsi que 27 000 tonnes de déchets agro-alimentaires. Dans un second seront transformées 3 000 tonnes de boues de stations dépuration. Il sortira de l´usine 19 000 tonnes de méthacompost et 80 000 tonnes d´eau traitée qui sera rejetée à la mer. L´usine doit transformée le biogaz issu de la méthanisation en électricité et eau chaude, et les commercialiser. L´investissement prévu s´élève à 95 millions de francs(3). La mairie de Lannilis n´est pas impliquée fiancièrement dans le projet mais a répondu favorablement. Le Conseil général du Finistère a proposé de constitué un groupe technique d´expertise.

Tout et n´importe quoi
Les deux projets n´ont pas un assentiment très fort de la part de la population, en particulier sur la commune de Milizac. "Sans doute par méconnaissance du dossier au niveau technique, explique Michel Tanné, adhérent du projet Val´Ouest. Aussi parce qu´un certain nombre d´opposants bien identifiés n´ont pas hésité à dire tout et n´importe quoi. C´est normal que les habitants de Milizac s´interrogent. Ce qui n´est pas acceptable, c´est la désinformation véhiculée pour tuer le projet. Un projet qui ne fait que respecter la législation en vigueur dont les objectifs sont de deux ordres : la reconquête de la qualité de l´eau et le maintien des éleveurs au niveau du secteur qui est classé en zone d´excédents structurels."
Selon l´éleveur, les opposants commencent à déplacer leurs discours sur des éléments nouveaux. "L´usine permettra de nouveaux agrandissements d´ateliers annoncent certaines associations. Or, c´est l´administration qui délivre les autorisations d´exploiter et Val´Ouest n´est qu´un outil pour traiter du lisier. Sur fond d´usine, le débat tourne aujourd´hui autour d´une unique question. Quel avenir pour la production porcine dans le nord Finistère ? Les associations veulent une diminution de la production, sans s´interroger sur les conséquences en amont et en aval. Val´Ouest est devenu un symbole, celui d´un modèle de production mis à mal par une frange de la société."

(1) Diwall an aberiou, Bretagne vivante, Eaux et rivières de Bretagne, AE2D, S-Eau-S, Association pour la qualité de vie à Milizac.
(2) Voir Réussir Porcs, avril 2000, nº 60.
(3) Voir Réussir Porcs, février 2001, nº 69.

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