Réussir porc 07 juillet 2005 à 11h51 | Par Dominique Poilvet

Traitement du lisier - Valétec valide le traitement biologique en bassins séparés

Le nouveau concept de traitement biologique en bassins séparés développé par Valétec permet d´accroître la capacité de traitement des stations existantes. Démonstration au GIE Stalis à Hénanbihen, dans les Côtes-d´Armor.

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Au GIE Stalis à Hénanbihen (22), la mise en place d´un second réacteur de 90 m3 et d´une centrifugeuse a permis d´utiliser les installations existantes d´une station biologique tout en augmentant sa capacité de traitement de 50 %. En 2001, le GIE Stalis avait été créé par les membres du Gaec Pansart et de l´EARL Adam pour résorber l´excédent de lisier des deux exploitations. Le procédé choisi, une station biologique simple Val´epure, pouvait traiter 14,5 m3 de lisier chaque jour avec un abattement de 70 % de l´azote. Courant 2003, l´entrée d´un troisième membre dans le GIE les oblige à revoir le procédé de traitement, avec notamment comme contraintes l´accroissement du volume à traiter (20 m3 par jour) et la nécessité de résorber une partie du phosphore. Grâce au concept de traitement en bassins séparés mis au point par Valétec, les éleveurs ont pu utiliser les installations existantes (fosse d´homogénéisation, réacteur biologique, décanteur, fosse de stockage des boues et lagune) tout en investissant dans des installations supplémentaires qui leur permettent désormais de traiter 21 m3 de lisier chaque jour.
La séparation des phases de nitrification et de dénitrification accroît la capacité des stations biologiques de traitement de 50 %. ©D. Poilvet

« Le réacteur de 550 m3 mis en place en 2001 était le principal élément limitant pour un accroissement du volume à traiter », explique Isabelle Robin, directrice de Valetec. « Désormais, ce réacteur, équipé d´un seul aérateur, est utilisé uniquement pour la phase de nitrification. L´oxygénation dure entre 18 et 20 heures par jour, alors que les aérateurs ne fonctionnent que 12 heures par jour dans un bassin qui assure à fois les deux phases aérobie et anaérobie. » La dénitrification, qui se déroule en milieu anaérobie, est réalisée dans un second réacteur de 90 m3. C´est dans ce réacteur que le lisier, préalablement centrifugé, est incorporé, pour apporter le carbone nécessaire à la dénitrification. Entre les deux bassins, le liquide biologique circule par séquences. « Le volume circulant est déterminé en fonction des analyses rapides réalisées toutes les semaines avec pour objectif l´absence d´ammoniac, de nitrites et de nitrates », explique Erwann Henri, technicien en charge du suivi des stations Valétec.

Ce second réacteur a été conçu dans un ensemble breveté par Valétec, où l´on retrouve sous un hangar la centrifugeuse nécessaire pour abattre le phosphore et les installations servant au compostage du refus solide, un procédé développé depuis deux ans. Désormais, cette station traite 7500 m3 de lisier chaque année. Elle abat 90 % de l´azote et 85 % du phosphore. Les boues et le surnageant sont épandus sur les terres des exploitations, et le co-produit solide est composté pour ensuite être exporté par camion hors Bretagne.
Au total, les deux tranches ont coûté chacune 195 000 euros. « Pour l´extension de la station, le traitement du phosphore, avec notamment la centrifugeuse, représente plus de la moitié de l´investissement », précise Isabelle Robin. Le coût total de traitement se monte à 5,50 euros/m3 de lisier traité, en comptant l´amortissement des installations et la main-d´oeuvre. « Un montant faible, en comparaison avec d´autres procédés, grâce notamment à des coûts de fonctionnement modérés (1,65 euros/m3) et à l´absence d´additifs », souligne-t-elle. Et avec, au final, l´obtention d´un co-produit solide exportable dans lequel se retrouvent le phosphore et une partie de l´azote qui n´a pas été résorbé. Le système de bioséchage mis au point par Valétec, permet d´obtenir un compost homogène, qui titre à plus de 60 % de matière sèche, ce qui en fait un produit facilement commercialisable vers les régions de grande culture demandeuses de matière organique.
Le retour du liquide biologique du réacteur de dénitrification vers le réacteur principal se fait par séquence. Chaque jour, 100 m3 circulent entre les deux cuves. ©D. Poilvet

En savoir plus
Caractéristiques des trois élevages membres du GIE Stalis :
 Gaec Pansart (Yves, Maryvonne, Olivier et Nicolas Pansart
163 truies NE, 60 vaches laitières, 65 ha de surface épandable.
 EARL Adam (Josiane et Jean Yves Adam) 160 truies NE, 49 ha de surface épandable.
 SCEA de la ville Ezion
175 truies NE, 4 ha de surface épandable.
 Traitement du lisier : 7500 m3/an, soit 20,7 m3/jour ; 28 400 unités d´azote et 17 000 unités de phosphore.
 Bilan sur les terres d´épandage du GIE (toutes productions) : 160 unités d´azote et 116 unités de phosphore par hectare.

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