Réussir porc 28 novembre 2002 à 16h31 | Par Claudine Gérard

Traitement du lisier - Un coût de six centimes d´euros par kilo de carcasse avec le système Val´Epure

Pierre-Yves et Pascal Baron, éleveurs à Penguily (22) ont choisi le procédé Val´Epure, principalement pour la garantie d´un coût de traitement qui ne doit pas dépasser 6 euros par m3 traité.

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Six centimes d´euros par kilo de carcasse pour traiter 5 300 m3 par an (85 % du lisier produit), c´est sans aucun doute l´élément décisif qui a conduit les deux frères de l´Earl Monconseil (Penguily, 22) à opter pour le procédé Val´Epure. Contraints de recourir au traitement et sachant qu´abattre aussi le phosphore leur serait nécessaire, ils ont opté pour un traitement biologique, avec séparation de phase en tête. Pourquoi Val´Epure ? « Parce que ce procédé, doté d´une centrifugeuse en tête nous paraissait le plus simple », explique Pascal, le « technicien » du binôme. « Et parce que, au niveau des coûts, il n´y a pas de (mauvaise) surprise à attendre », ajoute Pierre-Yves, le « comptable » qui redoutait les achats de produits, floculants et autres additifs que nécessitaient les autres procédés proposés.

75 % du phosphore et 20 % de l´azote capturés
Le système installé sur l´exploitation de 350 truies, et qui fonctionne depuis juillet 2002, est en effet doté d´une centrifugeuse de 5000 tours par minute. Elle permet la capture de 75 % du phosphore et 20 % de l´azote. Le produit qui titre 35 % de matière sèche en sortie de centrifugeuse est stocké et composté sera repris par Val´Conseil. Quant au liquide, il est dirigé vers une station biologique « classique » de nitrification-dénitrification.
« L´ensemble du traitement coûte ici 10 à 11 kW par m3 de lisier traité », précise Régis Janvier, directeur technique Val´Conseil qui souligne que le procédé ne génère que des coûts énergétiques puisqu´aucun additif n´est nécessaire. Seule la centrifugeuse devra être remplacée « après le passage de 40 000 m3 environ, soit tous les huit ans, pour un coût d´environ 7600 euros (50 000 F) » calculent les éleveurs qui jugent cette charge supportable.
Après la centrifugation, l´effluent subit un traitement biologique classique de nitrification-dénitrification.
©C. Gérard

Légende - Le système doté d´une centrifugeuse de 5000 tours par minute fonctionne depuis juillet 2002 sur une exploitation de 350 truies.

Des turbines flottantes facilement accessibles pour l´entretien
Le réacteur de 540 m3 est équipé d´une turbine de 15 kW, d´un brasseur et des équipements de mesure : sondes diverses, dont une sonde de niveau qui équipe d´ailleurs toutes les fosses, et apporte une sécurité contre d´éventuels débordements. Le procédé Val´Epure est caractérisé par des turbines flottantes, « très accessibles pour l´entretien », souligne Régis Janvier. De plus, le choix de turbines « lentes » contribue à la faible consommation électrique donc à la limitation du coût de fonctionnement.
Le lisier traité est ensuite dirigé dans une fosse de décantation de 600 m3. Les boues sont épandues sur l´exploitation, tandis que le liquide est acheminé vers une lagune. Mais il passe auparavant sur un lit de roseau, procédé breveté par Val´Conseil, et en test dans cette exploitation.
Les coûts de fonctionnement sont essentiellement des coûts EDF.

Une petite lagune tapissée d´un lit de sable
« L´idée est de capturer les matières en suspension de l´effluent liquide avant le stockage en lagune. Le procédé que nous validons ici est constitué par une petite lagune, dont le fond est tapissé d´un lit de sable. Les roseaux qui y poussent évitent le colmatage de cette couche sableuse, qui filtre les matières en suspension de l´effluent liquide. Vous comprenez qu´il sera plus facile de nettoyer cette partie que la lagune ! », explique Régis Janvier.
Avec plusieurs mois de recul, les frères Baron témoignent du bon fonctionnement du procédé. La surveillance de la station, aux mains de Pascal, demande une dizaine de minutes chaque jour. Les consommations énergétiques sont conformes aux prévisions. Et l´abattement final est de 90 % pour l´azote et 75 % pour le phosphore. Soulagement pour Pierre-Yves et Pascal qui, après avoir travaillé « dur », atteint d´excellentes performances techniques, n´ont à présent d´autre projet que de « travailler en paix » sur leur atelier de 350 truies, sachant que le prix de cette tranquillité est de 6 centimes d´euros par kilo de carcasse.

Pour en savoir plus :
Val´Conseil Environnement - BP 212 - 22191 Plérin Cedex - Tél. : 02 96 74 56 57.

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