Réussir porc 08 octobre 2001 à 15h44 | Par F. F.

Traitement du lisier - Smelox validé par l´Agence de l´eau

Smelox, procédé physico-chimique de traitement du lisier, a été validé par l´Agence de l´eau en juin dernier. Une validation qui ouvre la voie à l´industrialisation du procédé. Deux installations sont d´ores et déjà prévues dès cet automne dans le Finistère et la Manche.

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Validé par l´Agence de l´eau en juin dernier sur l´élevage Bianéis à Plouguerneau dans le Finistère, Smelox peut désormais passer à la phase industrielle. "En fait, ce n´est pas une, mais quatre validations que Smelox a obtenu de l´Agence de l´eau" indique Laurent Fortin de la société APVcompost chargé de commercialiser le procédé.
Première validation, celle de la centrifugeuse d´une capacité de trois m3 par heure qui opère une séparation de phases sans utilisation d´additif.
L´ammoniac est brulé
Puis celle de la machine Smelox, pièce maîtresse du procédé, qui brûle l´ammoniac et le transforme en azote atmosphérique non polluant. "Le taux de disponibilité de Smelox est de 90 %. C´est-à-dire que sur cent jours de fonctionnement, quatre-vingt-dix jours se déroulent sans panne. Il est jugé excellent par l´Agence de l´eau" précise Laurent Fortin.
Les deux autres validations concernent l´aptitude du liquide qui sort de la machine à l´irrigation des terres, et la normalisation du compost issu du refus de la centrifugeuse pour être épandu comme un engrais organique. Les concepteurs estiment que le seuil de rentabilité de la machine se situe à 10 000 m3 de lisier traités par an, soit la production d´un atelier de cinq cents truies et la suite.
Sur le site Bianéis, l´installation Smelox possède une capacité de traitement de 15 000 m3 de lisier par an. L´investissement est de 2,4 millions de francs. Le coût du m3 de lisier traité se situe à 40 francs. Avec 30 000 m3 de lisier traité par an, le coût avoisine 32 francs. La machine permet également de faire varier le pourcentage de déazotation du lisier de 50 % à 95 % selon les besoins de l´élevage.
"Bien entendu, le coût de l´énergie augmente avec le pourcentage. Car plus on chauffe, plus on opère une déazotation du lisier" explique Laurent Fortin. "Pour mon élevage, le pourcentage de déazotation est établi à 70 %. Le coût du kWh étant de 0,28 franc, le coût énergétique moyen avec un taux d´extraction de l´azote ammoniacal de 70 % est de 6,72 francs le m3 de lisier traité. A un taux d´extraction de 90 %, le coût énergétique s´élèverait à 9 francs le m3 de lisier traité" indique Robert Bianéis.
Pour réduire l´investissement, une unité mobile est en cours de construction. Elle sera montée sur un châssis. Sa capacité de traitement annuel sera de 30 000 m3 de lisier. Ce système permettra de traiter sur cinq à six sites. "Nous misons beaucoup sur cette formule. C´est la solution la plus intéressante pour les éleveurs ayant un petit excédent de lisier à traiter" conclut Laurent Fortin.
Machine Smelox ©F.F.

Machine Smelox : réacteurs à droite et centrifugeuse à gauche
Elle brûle l´ammoniac dans un four à combustion et le transforme en azote atmosphérique non polluant. Une combustion comparable à celle du pot catalytique qui équipe une voiture. Il en sort un liquide stérilisé et désodorisé.
Centrifugeuse ©F.F.

Centrifugeuse
Il en sort un résidu solide compostable à 33 % de matière sèche contenant 75 % du phosphore,
et une partie liquide contenant l´azote ammoniacal qui part dans une fosse tampon.

Lagune ©F.F.

Lagune
Elle stocke la partie liquide stérilisée et désodorisée après traitement. Ce liquide sera pompé pour irriguer les terres de l´élevage.

"A l´origine, il s´agissait de réduire le problème des odeurs" Pierre Ham, IFP
Le concepteur du procédé Smelox n´est autre que l´IFP, l´Institut français du pétrole, organisme chargé de diffuser vers les autres secteurs de l´économie les techniques de l´industrie pétrolière.
L´IFP a mis au point le système Smelox avec l´entreprise Armor-Industrie de Plonevez-du Faou (29) qui assure la fabrication de la machine.
Pétrole et lisier
Pour Pierre Ham de l´IFP, il s´agissait à l´origine de résoudre le problème des odeurs qui sont identiques pour le pétrole et le lisier. "Dans les deux cas, les principaux responsables sont les composés sulfurés volatils" explique le concepteur.
Un premier pilote a fonctionné dès 1994 à Queménéven dans le Morbihan. Un prototype a ensuite été installé à Pleyben dans le Finistère en 1996. La station Smelox a été installée sur l´élevage Bianéis à Plouguerneau dans le Finistère au début de l´année 2000. F. F.

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