Réussir porc 11 octobre 2005 à 17h56 | Par Claudine Gérard

Traitement du lisier - Première réalisation « grandeur nature » pour le procédé MAE

Le procédé physico-chimique MAE (ex Sirven) dégrade le lisier en fournissant de l´eau propre et une poudre sèche et stérile classée « engrais ». Une première installation de ce type vient d´être installée dans le Finistère.

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Renaud Richard, ingénieur MAE, et Arnaud Cheyrou Lagrèse, IBS, achèvent les dernières mises au point de l´installation de traitement de lisier qu´ils viennent de livrer à René Colin, éleveur de porcs à Plouigneau dans le Finistère. L´équipement, qui traitera du lisier de porcelets et porcs charcutiers, est la première réalisation « grandeur nature » du procédé de traitement autrefois appelé Sirven, traitement physico-chimique non destructif, qui transforme le lisier en eau propre et en une poudre à 85 % de matière sèche.
Le lisier est d´abord pré-chauffé à 75ºC dans un échangeur de chaleur, et mis en contact avec de la chaux et porté à 95ºC. Cette opération permet de capter l´azote ammoniacal qui se transforme en ammoniac puis en sulfate d´ammonium, et de stériliser le liquide restant, le tout au rythme de 2 m3/h. Ce liquide est ensuite dirigé dans des évaporateurs où l´élévation de température aboutit à la production de vapeur « sale » et d´un résidu sec titrant environ 85 % de M.S. Cette poudre contient la quasi-totalité des éléments du lisier (la totalité du phosphore, de la potasse, des oligo-éléments, et environ un tiers de l´azote organique).

« Cela justifie que ce produit soit classé « fertilisant » et non « déchet », précise Renaud Richard.
La vapeur sale subit alors un « nettoyage chimique » à base d´acide sulfurique à haute température et devient une vapeur « propre ». Quand l´unité sera totalement opérationnelle, elle ne générera donc que cette eau propre qui servira au lavage d´air des salles d´élevage et la poudre sèche stockée sous le hangar de traitement. A raison de 16 000 m3 de lisier à traiter chaque année et d´environ 50 kg de poudre produite par m3 de lisier (soit environ 80 kg de poudre par porc produit), René Colin devra trouver un débouché pour cet engrais, mais reste optimiste : « le produit est sec, sans odeur, stérile, et bien équilibré pour constituer un fertilisant de valeur ». La commercialisation de cette poudre permettra d´abaisser le coût du traitement. Avec un investissement initial de un million d´euros, le coût du traitement est estimé à 14 euros/m3, se répartissant pour moitié entre l´amortissement de la station et le fonctionnement (maintenance, acide sulfurique et chaux, énergie).
Un hangar abrite l´installation de traitement MAE et le stockage de la poudre sèche. ©C. Gérard

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