Réussir porc 24 février 2004 à 16h47 | Par Dominique Poilvet

Traitement du lisier - Les stations biologiques en rythme de croisière

Une enquête réalisée par les EDE bretons portant sur 33 stations de traitement biologique du lisier démontre que cette technique est désormais au point. Mais elle met également en évidence de grandes disparités dans les coûts.

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Les stations de traitement biologique du lisier répondent généralement aux attentes des éleveurs en matière de fiabilité, de simplicité et de rendement d´épuration. « Mais il existe encore des écarts importants entre les extrêmes, notamment en ce qui concerne les coûts de traitement », affirme Bertrand Le Bris, technicien à la chambre d´Agriculture d´Ille et Vilaine. C´est ce que démontre l´enquête réalisée par les EDE bretons portant sur 33 stations biologiques (1). Ces stations ont une capacité moyenne de 9643 m3/an, ce qui correspond à un élevage de 530 truies NE. La plus grosse des unités traite 28 000 m3 de lisier (l´équivalent des rejets de 1 500 truies NE). En moyenne, la quantité de lisier traité est de 25 m3. Mais ce chiffre cache des disparités importantes : certaines stations doivent traiter 30 % de lisier de plus par rapport à l´objectif. « Les lisiers sont parfois plus dilués que prévu. Il faut donc en faire passer plus dans la station pour abattre la même quantité d´azote », note Bertrand Le Bris.

A l´inverse, les causes de sous utilisation des capacités des stations ne proviennent pas de problèmes de conception, mais souvent de difficultés de réglage du matériel, notamment pour les centrifugeuses, ce qui explique parfois des taux d´abattement de phosphore peu élevés.
©D. Poilvet


Il faut cinq mois pour une pleine montée en puissance
Des retards lors de la montée en charge pour les installation neuves sont également évoquées. Il faut généralement cinq mois pour qu´une station biologique exprime tout son potentiel. Mais dans certains cas, cette montée en puissance a duré un an. « C´est le cas quand la séparation de phase à la centrifugeuse a été trop importante. Le lisier ne contient plus suffisamment de carbone. C´est aussi le cas si l´éleveur démarre avec du lisier de truies, trop dilué », précise Bertrand Le Bris. Certains éleveurs ont résolu le problème en apportant des boues extérieures, d´autres utilisent des additifs (floculants). Mais à partir du moment où la station est en pleine charge, il semble que les problèmes soient mineurs.

« L´essentiel est de bien gérer l´homogénéité du lisier qui arrive dans le réacteur », ajoute le technicien. « Une fois ce problème résolu, les éleveurs sont généralement satisfaits. » Le taux d´azote éliminé, le premier objectif recherché par ces installations, est important : 84 % en moyenne, correspondant à l´abattement par le procédé biologique et à l´exportation des boues ou des co-produits secs. La station la plus performante dans ce domaine abat 97 % de l´azote du lisier traité. Les 3 % restants sont les unités contenues dans le liquide résiduel épandu par irrigation.
©D. Poilvet


21 minutes par jour pour le suivi des stations
Les éleveurs sont satisfaits d´autant plus que le temps passé au suivi des stations est relativement faible : 126 heures par an en moyenne, soit 21 minutes par jour. « Il n´existe pas d´effet taille de la station : une installation qui traite 20 000 m3 ne demande pas beaucoup plus de temps que le traitement de 10 000 m3 », observe Bertrand Le Bris. Mais ici aussi, les écarts sont importants. « C´est le niveau d´équipement, notamment pour la séparation de phase, qui fait la différence », ajoute-t-il. La gestion des solides est également un poste important de main d´oeuvre, avec ici aussi des différences. « Certains se font reprendre leurs co-produits et n´y touchent jamais. D´autres doivent l´épandre ou l´exporter vers des tiers. » L´épandage de l´effluent épuré se fait toujours au canon et à l´enrouleur. La plupart ont installé des canalisations enterrées pour limiter les manutentions.

La quantité de main d´oeuvre nécessaire joue bien sûr sur le coût de fonctionnement des stations, mais pas autant que d´autres postes comme l´énergie, les additifs parfois et l´entretien, pour le moment sous estimé, puisqu´il s´agit principalement d´installations neuves. Au total, le coût moyen de traitement d´1 m3 de lisier est de 9,47 euros, en tenant compte d´un amortissement de 6,78 euros/m3. Bien entendu, ce chiffre est une moyenne, réalisée sur 16 stations qui disposaient de la totalité des données nécessaires. Il varie essentiellement en fonction des niveaux d´équipement et d´abattement des installations. Mais il donne aussi une idée du coût que représente aujourd´hui la résorption des excédents d´azote, par le procédé le plus couramment employé en France.



(1) 6 Technolyse, 10 Dénitral, 10 Bio-Armor, 6 Val Epure, 1 GTIE.

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