Réussir porc 05 novembre 2001 à 14h07 | Par F.F.

Traitement du lisier - Deux procédés de plus

Deux nouveaux traitements du lisier viennent élargir la gamme des procédés proposés aux éleveurs, l´évapo-incinération et la biofiltration.

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Pour les autres systèmes déjà traités dans nos colonnes, ce sont surtout des évolutions de procédés ou des améliorations dans les services qui ont été mises en avant à l´occasion du Space.ofiltration.
Arca L´évapo-incinération pour concentrer le lisier
Mis en avant par Arca à l´occasion du Space, le procédé de traitement par évapo-incinération baptisé "Floquip" permet de réduire le lisier en cendres. Il a été conçu par la société SNF, premier producteur mondial de floculants(1) en collaboration avec Favier Setrem, spécialiste en ingénierie thermique(2). "Arca a la primeur pour proposer le système. Il s´agit d´une collaboration d´hommes. Cela ne va pas plus loin. Nous travaillons sur ce procédé depuis deux ans. Nous sommes à la phase de pilote industriel. Une machine fonctionne sur un site dans l´Est de la France. Une seconde est située à Saint Armel en Ille-et-Vilaine" signale Bernard Sabatier de SNF.
Le procédé consiste à extraire l´eau par séparation de phases puis par évaporation. Le volume du lisier est réduit à 25 % de son volume initial. Ainsi, les éléments fertilisants, azote, phosphore et potasse, peuvent être gérés rationnellement comme fertilisants ou être brûlés dans un incinérateur compact. Le prix de l´installation s´élève à 8,5 millions de francs dont 4 millions de francs pour l´évaporateur et 4,5 millions de francs pour l´incinérateur, le séparateur représentant une somme minime.
Les concepteurs annoncent d´ores et déjà une fourchette de coûts. "Au niveau de l´évaporateur, 20 à 40 francs par m3 de lisier selon la capacité de la machine. Pour la partie incinération, il faut compter 30 francs à 50 francs par m3 traité. Notre objectif est de rester en dessous de 50 francs le m3 traité" signale Alain Dehay de Favier Setrem.
Côté maintenance, l´éleveur gérera uniquement le séparateur de phases. L´évaporateur et l´incinérateur seront pris en charge par une société externe. "Nous sommes en contact avec le Cemagref pour faire valider le système. Nous envisageons d´installer la machine chez un éleveur Arca d´ici la fin de l´année pour une validation prévue en début d´année prochaine" conclut Bernard Sabatier.

(1) SNF : société française basée à Saint-Étienne qui emploie 1 300 personnes à travers le monde.
(2) Favier Setrem : entreprise basée à Lille spécialisée dans l´évaporation, qui travaille dans l´industrie chimique.
Pilote à Saint Armel ©F.F.

Pilote à Saint Armel
En bleu, le séparateur de phases et l´évaporateur d´une petite capacité (5m3/jour). En vert, l´incinérateur d´une grande capacité (500 kg de boue par heure).
Évapo-incinération du lisier Séparation de phases, évaporation et incinération
Le traitement d´évapo-incinération "Floquip" se décompose en trois étapes.

- La séparation de phases
La phase solide ou refus de tamis est d´une teneur en matière sèche de 30 %. Elle est composée essentiellement de matière organique grossière et de soie. Après stockage, elle peut être valorisée par compostage ou dirigée vers l´incinérateur. La phase liquide est dirigée vers l´évaporateur (ou chaudière).

- L´évaporation consiste à éliminer l´eau à l´aide d´une technologie économe en énergie appelée "compression mécanique de vapeur". La capacité d´évaporation varie de 0,5 à plusieurs dizaines de m3 par heure selon les modèles. 100 % de l´eau distillée peut être recyclée en circuit fermé ou restituée dans le milieu naturel. Les boues peuvent être valorisées de la même façon que le refus de tamis. La capacité de l´évaporateur est de 20 000 m3. Son utilisation peut être raisonnée en individuel ou en semi-collectif.

- L´incinération
Si le refus de tamis et le concentrat (ou boue) ne peuvent pas être valorisés sur place, ils seront détruits par l´incinérateur. La boue est asséchée par un sable en fusion. La fraction minérale résiduelle, ou cendres, sera utilisée comme engrais minéral. L´incinérateur peut brûler 500 kg de boue à l´heure. "Nous ne savons pas faire plus petit. C´est pourquoi l´incinérateur sera conduit en unité collective ou mobile montée sur chassis" explique Alain Dehay de Favier Setrem.
Eurobiosor : la biofiltration pour les lisiers
La société Eurobiosor basée à Montoir de Bretagne (44) présente un nouveau procédé de filtration des effluents(1). Son originalité : la mise au point d´un filtre biologique élaboré par le Criq, le Centre industriel du Québec, qui met en jeu des micro-organismes fixés sur un support organique spécifique (mélange de tourbe, d´écorces et de copeaux).
Le procédé se décompose en trois étapes : la séparation, la décantation (toutes deux classiques) et la biofiltration.
Tout d´abord, le lisier est récupéré dans une fosse puis passe dans un séparateur mécanique de phases équipé d´une presse à vis. Il en sort un refus de tamis. La partie épaisse du lisier est acheminée vers le décanteur. Le décantat est convoyé vers une fosse de stockage. La partie liquide issue de la décantation part dans une fosse de régulation puis passe dans un préfiltre pour atteindre la fosse Biosor. A ce niveau, le lisier est injecté sous la surface du biofiltre et ruisselle le long du milieu filtrant solide avec injection d´air. Le liquide est récupéré par gravité dans un puits de pompage. Le traitement peut s´arrêter à cette étape. Le produit obtenu est épandable.
Rejet en milieu naturel
Le système offre une autre possibilité : un polissage constitué de deux biofiltres, d´un même principe que le premier, mais contenant des micro-organismes différents. Il en sort un effluent traité pouvant être rejeté dans le milieu naturel. Les co-produits, refus de tamis et décantat qui font 20 % du volume initial du lisier, peuvent être épandus sur les terres ou exportés. Le compost, après maturation, est alors récupéré par la Florentaise (deuxième fabricant d´amendements organiques en France) qui possède des plates-formes agréées pour traiter les co-produits.
"Une station de traitement est en place dans un élevage en Indre-et-Loire depuis plus d´un an. Un autre éleveur a adopté le procédé Biosor qui fait suite à sa station de traitement Écolyz" indique Vincent Martinage de Eurobiosor. Ce type de station de traitement convient pour des élevages d´un effectif minimum de 250 truies. "En dessous, le système ne s´avère pas intéressant" indique Daniel Massicotte, p.-d.g. de Eurobiosor.
Le coût varie de 30 francs à 50 francs par m3 de lisier traité. En terme de maintenance, l´éleveur se charge du compostage s´il y a lieu et veille à la bonne décantation de l´effluent.

(1) Eurobiosor compte des actionnaires québécois et français. La société emploie sept personnes.

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