Réussir porc 05 février 2008 à 14h41 | Par Propos recueillis par Dominique Poilvet

T. Meyer, directeur de Socopa porc - « La viande de porc ne doit pas rester un produit basique »

Marchés tendus, abondance de l´offre. Socopa Porc affiche clairement ses intentions d´ajouter de la plus-value à ses ventes, en misant sur le développement de produits de qualité et sur des technologies de pointe.

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Quelles sont les stratégies de développement de Socopa Porc en réaction à la situation actuelle ?
Notre principal débouché est le marché français, sur lequel notre développement commercial nous a permis d´augmenter nos abattages de 6 % en 2007. Cette stratégie passe par deux axes. La qualité tout d´abord, avec le développement de nos filières alternatives Label rouge et Oméga 3. Elles représentent 15 % de nos volumes (8 à 9000 porcs/semaine). L´autre, technologique, se concrétise par une offre nouvelle de viandes piécées en barquettes poids fixes pour les GMS et le hard discount. Par ailleurs, nous atteignons aujourd´hui un taux de découpe des carcasses de 82 %, qui permet également une bonne valorisation.
La vente aux GMS et hard discount est-elle le bon moyen de mieux valoriser la viande ?
La grande distribution constitue l´un des deux piliers du marché français du porc, avec la salaisonnerie. Autant dire qu´elle est incontournable. Il est donc préférable de travailler avec eux que contre eux. Par ailleurs, le produit porc n´est pas condamné à rester un produit basique, c´est-à-dire promotionné à plus de 50 % en magasin avec des prix divisés par deux ou trois. Vendre des longes à 2,5 ?/kg n´intéresse pas les GMS. C´est pourquoi nous avons créé un segment valorisant et qualitatif accessible aux consommateurs pour donner une autre image de la viande de porc. La communication porte sur des allégations nutritionnelles et qualitatives. L´offre se réalise sous forme d´UVCI dans des hypermarchés comme Auchan et Carrefour. Par ailleurs, il faut être conscient que les marques MDD sont incontournables pour implanter rapidement des produits en viandes tranchées conditionnées. La marque Valtéro étant réservée aux produits transformés comme la saucisserie fraîche et les grillades.

Et le marché export ?
Par rapport à nos concurrents des pays voisins, nous sommes performants, mais pas compétitifs. Ceci est lié à des distorsions de concurrence, au coût du travail et à un euro fort notamment. Néanmoins, nos exportations sur les pays tiers se développent (7 % de notre activité), notamment sur les pays asiatiques. Par ailleurs, le coût de l´équarrissage, l´interdiction d´utiliser les graisses, les protéines animales transformées (Pat) et le maïs OGM nous pénalisent également.
Thierry Meyer : « Il est impératif d´aligner le prix de vente des porcs charcutiers sur le prix de revient des élevages. » ©D. Poilvet

Seriez-vous prêt à remettre en cause le principe de précaution ?
Les produits alimentaires français ont un niveau de sécurité excellent, parmi les meilleurs au monde. Mais il faut être prudent car nous sommes dans une compétition mondiale où les règles ne sont pas les mêmes pour tous. Même si la sécurité des produits est notre priorité, il faut être compétitif et bon nombre de réglementations nous étouffent. Les scientifiques ont démontré l´absence de danger à utiliser les graisses animales et des Pat dans l´alimentation des porcs. En revanche, nous devons rester vigilants pour interdire les facteurs de croissance, pourtant encore utilisés en Amérique.
Que pensez vous de la politique de la commission européenne vis-à-vis de la filière porcine ?
L´outil « restitution » est le mieux adapté pour favoriser une remontée des cours, car il permet de sortir du marché UE des carcasses en quantité suffisante. Mais il a été mis en place trop tardivement. Les déclarations de la commissaire européenne laissent à penser qu´elle mise sur une réduction de la production pour résorber la crise. Comment peut-on raisonner ainsi, alors que la demande en viande de porc va fortement augmenter dans le monde ? Une baisse de la production engendrerait une réduction des outils industriels et donc de l´emploi. Notre dépendance alimentaire serait atteinte, et la filière serait encore moins compétitive. Il est donc impératif d´aligner le prix de vente des porcs charcutiers sur le prix de revient des élevages. Cela passe par une augmentation des prix de la viande auprès de tous les canaux de distribution. Il n´y a pas d´autres alternatives pour maintenir la production porcine en France.

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