Réussir porc 20 novembre 2007 à 16h50 | Par Bernard Griffoul

Sommet de l´élevage - Le Massif central se donne les moyens d´exister demain

Charte porcine liant développement et environnement, filières de qualité, soutien à la trésorerie pour passer la crise. Autant de moyens que se donne le Massif central pour exister demain.

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Les représentants de la production en sont restés interloqués. Cela se passait au dernier Sommet de l´élevage, à Clermont-Ferrand, lors d´une conférence organisée par le conseil régional d´Auvergne. Le président d´une fédération d´associations de défense de l´environnement affirmant en substance que, finalement, la litière de paille n´a pas le meilleur bilan environnemental eu égard aux gaz à effet de serre et que le caillebotis remplit bien aujourd´hui les conditions pour garantir le bien-être animal. Alors qu´un an plus tôt, lors du lancement de la charte porcine par la Région, la litière faisait encore partie des chevaux de bataille de ces mêmes associations.
C´est dire le chemin parcouru, depuis les fortes tensions qu´avait connues l´Auvergne il y a quelques années, grâce au dialogue qui s´est établi entre production, Région et représentants de l´environnement. Assurément, une nouvelle ambiance qui, associée à la démarche IGP « Salaisons d´Auvergne » notamment, donne espoir à la région malgré la crise actuelle. « Nous avons autant d´atouts que d´autres régions pour passer cette crise », affirme Alain Robert, président de l´Urpal (Union régionale porcine Auvergne Limousin).
Depuis son lancement, la charte porcine a permis de soutenir 23 projets qui ont bénéficié au total de 400 000 euros de subventions. Voulue au départ par la Région pour conditionner les aides qu´elle distribue à un « engagement environnemental », elle réussit le tour de force de faire « passer les aides au développement par le biais de l´environnement, selon Alain Robert. Le but de la charte porcine est de concilier développement et acceptation sociale. »
Signe des temps, sur le stand de la région Auvergne où a eu lieu la conférence sur la charte porcine, l´oreille du cochon occupait autant d´espace que la corne de la vache.©B. Griffoul

Une charte porcine régionale
Pour bénéficier des aides, le porteur de projet doit remplir six conditions parmi lesquelles : avoir une taille d´élevage inférieure à 168 truies, privilégier l´élevage sur paille sauf à en démontrer le non-sens économique, produire dans le cadre d´une filière de qualité. Il doit également se soumettre au préalable à un bilan environnemental afin de faire un état des lieux puis de « s´engager dans un processus d´amélioration continue des performances environnementales ». « Un peu impressionnant », a reconnu Julien Bard, éleveur, qui a essuyé les plâtres du bilan face à un aréopage de techniciens eux aussi en rodage. « J´ai apprécié qu´il y ait un calendrier pour régler ce qui doit l´être et de pouvoir en discuter ensemble. » Bref, en Auvergne, désormais, on discute, on visite des élevages, on s´écoute, on prend en compte le point de vue de l´autre. La charte porcine est « un espace de débat et de discussion autour de la filière porcine régionale, a insisté Ghislaine Pradel du parc naturel régional d´Auvergne. Le monde agricole et le monde environnemental arrivent à échanger sans passion sur des éléments techniques objectifs. »
Sortir du dogmatisme
La charte est gérée par un comité de pilotage composé de la région, de la profession agricole, des services de l´Etat, des parcs naturels régionaux, d´associations de protection de l´environnement et de consommateurs. Il valide l´engagement de chaque éleveur et fait des propositions à la Région sur les subventions à allouer. « Chacun reste dans son rôle mais ce sont les acteurs eux-mêmes qui se mettent d´accord, se réjouit Jean Mallot, vice-président du conseil régional. Et d´affirmer qu´aujourd´hui, « la taille et le mode d´élevage sont moins importants à partir du moment où l´environnement et le bien-être animal sont respectés. Nous sommes sortis du dogmatisme ». Désormais, les « acteurs » sont convaincus de l´intérêt économique que représente la production porcine pour l´Auvergne.
« Nos régions ont le droit d´exister, affirme Alain Robert. Nous avons des atouts qualitatifs ancrés au territoire. » L´IGP « Salaisons d´Auvergne » va accroître la demande pour une production locale. Acquise au niveau national, elle doit encore franchir l´étape bruxelloise. Dans l´attente, le consortium des salaisonniers souhaite s´orienter dès 2008 vers une protection nationale transitoire avec application des règles de l´IGP. « C´est le dossier central de la région, poursuit le président de l´Urpal. Dans le marasme économique actuel, les filières qualité nous donnent des raisons d´espérer et de dire : « demain, il faudra qu´on soit là. »

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