Réussir porc 17 mai 2005 à 16h16 | Par Claudine Gérard

Selon une étude de l´EDE 29 - De bons résultats dans les porcheries à façon

Une étude réalisée par l´EDE du Finistère dresse le portrait du façonnage. On y découvre que, même si sa pérennité reste problématique, le façonnage a évolué dans le bon sens, avec des résultats techniques très corrects.

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L´étude menée par l´EDE du Finistère(1) a le mérite de tordre le cou à quelques idées reçues concernant le façonnage. Certes, cette activité est toujours un complément à un atelier principal, essentiellement de vaches laitières. Et le profil type du façonneur reste celui d´un éleveur de 44 ans, qui possède 445 places d´engraissement construites il y a 20 ans, produit 2,64 porcs par place et par an, et perçoit 13,55 euros/porc. Mais ce qui est sans doute moins connu est que cet éleveur est un bon professionnel. Sur 63 engraisseurs façonniers enquêtés, les croissances moyennes déclarées sont de 794 g/j, les pertes de 3,7 % et le TVM de 60,5. Soit des résultats légèrement meilleurs que les références engraisseurs de la GTE Bretagne de 2002-2003. Une autre analyse confirme la technicité de ces engraisseurs : 35 naisseurs ont fourni les résultats d´engraissement dans leur atelier et dans les porcheries à façon : en moyenne, l´indice de consommation n´est que de 0,07 point de plus pour les porcs à l´extérieur, les croissances sont identiques (755 g/j), tout comme les pertes (5 %) et le TVM (60,9).
De même, les relations entre naisseurs et engraisseurs paraissent très correctes : 80 % des naisseurs interrogés déclarent entretenir de bonnes, voire très bonnes relations avec les engraisseurs à façon. Une relation de confiance semble se généraliser, sans doute liée à un partenariat plus fort que par le passé. L´étude révèle qu´un tiers des naisseurs ne travaille qu´avec un seul façonnier et que 71 % sous traitent avec les mêmes engraisseurs depuis 2000.
Plus d´un million de porcs sont engraissés en façonnage en France chaque année. En Bretagne, 2200 éleveurs à façon sont répertoriés dans les groupements. ©C. Gérard

La vente de porcs de 25 kg ne présente aucun avantage
Pourtant, les naisseurs interrogés souhaitent majoritairement (80 %) réduire le recours à la sous traitance par différentes mesures : construire, réduire le cheptel truies, arrêter la production de porc lourd, acheter des terres, installer un successeur, etc. Probablement la rémunération est-elle la principale raison de cette volonté d´engraisser sur le site. En moyenne, elle s´établit à 13,64 euros par porc standard et 15,08 euros par porc lourd.
L´étude montre en outre de fortes disparités, puisque les extrêmes constatés vont de 7,63 à 18,29 euros.
A cette rémunération s´ajoutent divers frais : identification des porcelets (0,13 euro/porc selon l´EDE), vaccination Aujezsky, transport (0,96 euro par porc), différentes tâches accompagnant la mise en pension. Pourtant, les études menées par l´EDE montrent que quelque soit le scénario, la vente de porcs de 25 kg ne présente aucun avantage par rapport au façonnage. Il faudrait que le porcelet soit vendu 60 à 72 euros selon le taux de mise en pension, pour que la vente soit intéressante. Ou que la prestation de façonnage atteigne 25 à 39 euros par porc sorti !

Dans ces conditions, et faute de pouvoir rapatrier l´engraissement sur le site, le façonnage a encore de l´avenir. A condition que les ateliers s´avèrent viables dans la durée. Car l´étude montre que seulement 20 % de ces ateliers d´engraissement ont une pérennité assurée, tant sur le plan des bâtiments que de la situation environnementale. Pour les trois quarts restants, l´avenir dépendra de la capacité à gérer ces deux postes : bâtiment et environnement.
Enfin, compte tenu de ces données chiffrées, l´EDE du Finistère calcule que, quel que soit le pourcentage de porcs engraissés à façon, les naisseurs peuvent aujourd´hui investir jusqu´à 353 euros par place d´engraissement pour que cette charge soit identique à celle du façonnage, dans l´hypothèse où les résultats techniques restent identiques.
Mais ce calcul se limite à la capacité d´investissements. Restent les problèmes d´autorisation et de lisier qui sont pourtant les raisons principales du recours au façonnage.

65 % des bâtiments d´engraissement à façon ont plus de 20 ans. Mais ils sont maintenus en état ©26 % ou rénovés ©25 % depuis 5 à 10 ans.

Source : Agreste, novembre 2003.

Les trois quarts du façonnage sont pratiqués en Bretagne. Les échanges se font essentiellement entre départements bretons. La moitié des éleveurs qui ont recours au façonnage y envoient 25 % de leurs porcs.



(1) Intérêt et pérennité du travail à façon, octobre 2004.

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