Réussir porc 28 septembre 2007 à 14h43 | Par Dominique Poilvet

Santé-Nutrition - Le mode d´action des probiotiques mieux cerné

Le mode d´action des probiotiques ne se résume pas à un effet barrière dans l´intestin. Leur action sur l´immunité est aujourd´hui démontrée.

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Les récents travaux scientifiques permettent de mieux comprendre comment agissent les probiotiques. Le 31 mai dernier Farm´apro, filiale de la Cooperl, organisait le 1er symposium santé-nutrition sur ce sujet, en présence de spécialistes issus du milieu universitaire et de la médecine humaine, et notamment de l´Inserm(1). « La plupart des recherches sur le sujet ont été faites dans le domaine de la santé humaine », explique Martine Heyman, chercheuse à la faculté de médecine René Descartes à Paris. « C´est sur l´homme que le rôle des probiotiques dans la stimulation de l´immunité a été démontré, que ce soit l´immunité innée (réponse immunitaire non spécifique qui vise à l´élimination rapide de pathogènes présents dans l´organisme) ou acquise (réponse protectrice spécifique lente à établir, mais durable). »
Les probiotiques semblent être particulièrement efficaces contre certaines formes de diarrhées néonatales.

L´effet anti-inflammatoire des probiotiques est avéré
Par ailleurs, les probiotiques ont désormais un effet anti-inflammatoire reconnu dans les pathologies inflammatoires de l´intestin. Ces caractéristiques s´ajoutent à l´effet « barrière » désormais bien connu dans le domaine de la santé animale : en adhérant à la muqueuse intestinale, les probiotiques empêchent les bactéries pathogènes de s´implanter. Cet effet barrière s´explique également par la faculté des probiotiques de s´agréger avec certaines bactéries pathogènes, entraînant ainsi une modification de leur morphologie qui ne leur permet plus d´adhérer à la paroi intestinale.
Cet effet barrière se traduit également par la synthèse de substances antimicrobiennes (peroxyde d´hydrogène, acides organiques, « biosurfactants » qui limitent l´adhésion des bactéries pathogènes, bactériocines dont le rôle est d´inhiber les bactéries.).

Le potentiel bénéfique des probiotiques dans le domaine de la santé animale semble donc important. Cependant, bien que certaines souches soient proposées aux éleveurs depuis longtemps, leur utilisation est encore limitée à un nombre restreint de pathologies. Pourtant, il existe des millions de souches de bactéries potentiellement probiotiques dans la nature. Mais le processus de sélection, de validation et d´homologation est long et coûteux, et peu d´industriels se risquent dans l´aventure.
Le symposium a été l´occasion pour les dirigeants de Farm´apro de faire le point sur leurs utilisations possibles. Ces utilisations sont essentiellement axées sur les troubles digestifs : diarrhées de transition, diarrhées grises non spécifiques, et surtout diarrhées à clostridium. En engraissement, ces troubles se traduisent par des mortalités brutales (entérotoxémies).

Efficaces contre les effets de la chaleur
Mais les probiotiques semblent aussi donner satisfaction pour combattre les diarrhées néonatales. « Le porcelet nouveau-né est contaminé très tôt après la naissance par les germes de son environnement, en particulier par ceux qui sont présents dans les matières fécales de la truie », explique Henri Guilmoto, vétérinaire à la Cooperl. Dans ce contexte, les probiotiques jouent pleinement leur rôle de flore de barrière, « à condition que le protocole de distribution du probiotique soit bien appliqué, en respectant la dose et la durée de traitement ».
Des témoignages venus de pays de l´Europe du sud (Espagne et Portugal) prouvent également que les probiotiques peuvent être efficaces contre les effets liés à des températures élevées : stimulation de l´appétit des truies en maternité, amélioration des performances de reproduction (ISSF), et donc augmentation indirecte du nombre de nés et du poids des porcelets.

En revanche, les propriétés immuno-stimulantes et anti-inflammatoires démontrées chez l´homme restent encore sous-exploitées en production animale. Le caractère non spécifique de ces effets rend la démonstration de leur efficacité difficile en conditions d´élevage. « Au fur et à mesure de l´avancement de la recherche, il est donc probable que les probiotiques connaissent bientôt d´autres applications, notamment dans le but de réduire l´utilisation des antibiotiques en élevage », conclut Henri Guilmoto.

(1) Inserm : Institut de la santé et de la recherche médicale

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