Réussir porc 06 décembre 2005 à 13h35 | Par Dominique Poilvet

Résorption des excédents d´azote - Carbofil miniaturise le traitement biologique du lisier

Le 30 septembre dernier, l´EARL Gonidec et le Gaec du Millier à Beuzec-Cap-Sizun (29) présentaient leur station Carbofil, un nouveau procédé de traitement biologique du lisier différent de ce qui existe actuellement sur le marché.

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Le procédé de traitement biologique du lisier repose sur le principe de nitrification-dénitrification, qui transforme jusqu´à 70 % de l´azote du lisier en azote gazeux non polluant. Rustique, fiable, et d´un coût de fonctionnement peu élevé, ce procédé représente, selon une estimation de l´ITP, plus de 90 % des unités en fonctionnement. L´un des inconvénients de ce type de procédé est de faire appel à beaucoup de génie civil, des fosses en béton en particulier. Le procédé Carbofil, présenté le 30 septembre dernier chez deux éleveurs finistériens, limite cet inconvénient en utilisant un bassin d´aération de taille réduite par rapport à ses concurrents. Cela permet notamment d´utiliser des cuves en résine plutôt qu´en béton. Pour un traitement de 15 m3 de lisier par jour, le bassin d´aération a une capacité de 95 m3, soit un temps de séjour de 6 jours seulement. Ce faible temps de séjour est rendu possible par le procédé d´oxygénation proposé par Carbofil. Ce procédé nécessite un seul motoréducteur de 11 kw qui envoie les bulles d´air dans le fond du réacteur en son centre.
Le flux du liquide biologique remonte ensuite en surface en périphérie de la cuve. Ce circuit empêche la formation de mousse, un défaut souvent rencontré dans les procédés classiques. La phase anaérobie se fait dans une seconde cuve en béton d´un volume sensiblement identique, qui contient uniquement un agitateur pour maintenir une bonne homogénéité du liquide biologique. Une pompe assure le transfert du liquide entre les deux cuves. Au total, le temps de présence du lisier à traiter dans les deux réacteurs n´est que de 12 jours, contre 40 jours en moyenne pour les réacteurs classiques.
Le réacteur Carbofil en résine sert uniquement à la phase d´oxygénation. La phase anaérobie se situe dans la fosse en béton située au premier plan. ©D. Poilvet

Des coûts de fonctionnement réduits
Pour Michel Forgeot, directeur de Carbofil, l´utilisation d´un seul aérateur en phase aérobie diminue les dépenses énergétiques par rapport aux concurrents qui utilisent deux ou trois aérateurs pour un même volume à traiter. Cependant, le positionnement du motoréducteur qui sert à l´aération nécessite l´utilisation d´une grue pour l´extraire du bassin d´aération en cas de panne. Michel Forgeot met également en avant l´intérêt de la faible surface du bassin d´aération : « La déperdition de chaleur est plus faible en hiver, ce qui améliore le rendement du réacteur par rapport aux grands bassins en béton dont le rapport surface/volume est plus important », argumente-t-il. Selon lui, la température de la cuve ne descend pas au dessous de 20 ºC en hiver, et n´excède pas 30 ºC en été, une faible amplitude qui améliore les performances du réacteur.
Selon Claude Sergent et Aimé Gonidec, les deux éleveurs utilisateurs de ce procédé, le coût total de leur installation est sensiblement identique aux autres procédés biologiques. Au Gaec du Millier, qui a choisi un traitement biologique simplifié, le montant total de l´investissement est de 236 417 euros, tout en utilisant une fosse existante pour la réception du lisier. Cette station peut traiter 15 m3 de lisier par jour, pour un abattement de 70 % de l´azote. A l´EARL Bonidec, la station est également équipée d´une centrifugeuse et d´un procédé qui permet le séchage et le compostage du co-produit issu de cette centrifugeuse. Au total, toujours pour une capacité de traitement de 15 m3 par jour, la station aura coûté 364 875 euros. Mais elle abat 80 % de l´azote et 70 % du phosphore, en exportant la totalité du co-produit composté.
Dans le réacteur Carbofil, la chute d´eau sur la périphérie du réacteur crée une sorte de rouleau qui rabat les mousses vers le centre. ©D. Poilvet


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