Réussir porc 23 octobre 2009 à 11h45 | Par D.Poilvet

Rallye Faf Primex - Investir dans la faf, du plus simple au plus complexe

Il existe une multitude de solutions techniques pour fabriquer intégralement son aliment à la ferme. Témoignage de deux éleveurs finistériens.

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De gauche à droite : Stéphane Le Floc'h, Nathalie Jan (Primex), et Charles Donval
De gauche à droite : Stéphane Le Floc'h, Nathalie Jan (Primex), et Charles Donval - © dp

«Pour fabriquer son aliment à la ferme, il existe de multiples solutions qui permettent à chacun de réaliser une fabrique selon ses possibilités financières et en fonction de ses objectifs », souligne Nathalie Jan, responsable service FAF Primex qui organisait au printemps dernier un rallye FAF dans le Finistère. Les deux élevages visités illustrent parfaitement cette diversité, sans faire pour autant des concessions sur la pénibilité du travail et la qualité des aliments fabriqués. A l'EARL Donval au Drennec, Charles Donval exploite un atelier de 300 truies naisseur engraisseur. La fabrique d'aliment a été réalisée en deux temps. Une première partie constituée d'une fosse de réception et de deux silos tours de 850 m3 chacun a été construite par son père en 1996. L'éleveur utilise les deux silos pour stocker du maïs et du blé, souvent difficile à récolter suffisamment sec dans cette région du Finistère nord. « Avec cette installation, l'objectif était de valoriser nos récoltes, tout en achetant le complément nécessaire au voisin », souligne l'éleveur. En 2004, la fabrique est complétée par une installation qui permet d'élaborer intégralement tous les aliments destinés à l'exploitation. Outre l'ensemble broyeur/mélangeur Castel d'une tonne, Charles Donval et son père ont investi dans le stockage de 550 tonnes de matières premières supplémentaires, réparties dans neuf cellules équipées de venticônes. Par ailleurs, l'éleveur élabore désormais son prémix à base d'un minéral 1 % complété par du phosphate, du carbonate et des acides aminés achetés séparément. Cette partie sèche lui a coûté 260 000 euros, hangar compris. Charles Donval estime son coût de fabrication actuel à 18 €/t pour 2 400 tonnes d'aliment complet annuels, sachant que les installations de 1994 sont entièrement amorties. Il estime le temps passé dans l'atelier négligeable. « La fabrication est totalement gérée par un automate, en lien avec un ordinateur qui gère les stocks. » Ce sont surtout ses achats qui lui prennent le plus de temps. « Ne disposant pas assez de surface, je suis fortement dépendant des fluctuations des cours, souligne-t-il. C'est donc un poste sur lequel je dois investir fortement pour optimiser mon coût alimentaire. » Les contrats de tourteau de soja ont été négociés correctement jusqu'en avril dernier. La gestion des achats de blé a été plus délicate, avec un cours à 180 euros la tonne à la dernière récolte, nettement baissier ensuite. « Je privilégie cependant les achats auprès des agriculteurs voisins, afin de pérenniser mes approvisionnements et d'établir des relations de confiance avec eux. » Quelques achats ont été réalisés sur le marché à terme cette année. L'éleveur estime que c'est un outil intéressant, sur lequel il pourrait travailler plus à l'avenir suivant les opportunités. !

La fabrique d’Alain Bernard est optimisée pour une taille d’atelier moyenne grâce à sa compacité, son silo-couloir pour le maïs humide et des transferts entièrement à vis. L’installation est équipée de deux broyeurs pour réaliser des broyages différents selon le type d’aliment.
La fabrique d’Alain Bernard est optimisée pour une taille d’atelier moyenne grâce à sa compacité, son silo-couloir pour le maïs humide et des transferts entièrement à vis. L’installation est équipée de deux broyeurs pour réaliser des broyages différents selon le type d’aliment. - © dp

Une fabrique simple et rationnelle au Gaec de Kerneuden

Les frères Bernard du Gaec de Kerneuden à Lothey (Finistère) possèdent à peu près la même structure d’élevage que l’EARL Donval avec 250 truies naisseurengraisseur. Ils fabriquent leurs aliments à partir des céréales produites sur leurs 130 hectares de SAU. L’installation, réalisée en 1998 dans un bâtiment existant, ne leur a coûté que 60 000 euros et est aujourd’hui amortie.Grâce à cela, Alain Bernard estime le coût de fabrication à seulement 10 €/t d’aliment.

La conception de la fabrique est simple : un silo-couloir permet de stocker 650 tonnes de maïs humide broyé à la récolte. Il est repris au godet pour être incorporé dans la soupière via un raidler. Les autres matières premières (150 tonnes de maïs séché, blé, orge, tourteau de tournesol et de soja) sont stockées dans des cellules, dont l’une est située à l’extérieur du bâtiment. Les minéraux sont livrés dans trois silos en acier. La reprise et le convoyage vers deux broyeurs (l’un pour les aliments porcelets, l’autre pour les aliments truies et charcutier) se fait par des vis (conception Esvan). Une fois préparés dans une mélangeuse horizontale de une tonne, les aliments finis ou les complémentaires maïs humide sont transférés également par vis, soit vers quatre silos à proximité de la machine à soupe, soit vers un camion remorqué par un tracteur pour un site extérieur. « La simplicité de cette fabrique tient beaucoup à la proximité du stockage des matières premières et des aliments finis, ce qui a limité au strict minimum le matériel nécessaire au convoyage, et donc le coût de l’installation », souligne Alain Bernard. Le stockage à plat du maïs humide est également un choix économique par rapport à un silo-tour. Cependant, le désilage du maïs est le seul travail quotidien non automatisé. L’éleveur estime à une heure le temps passé chaque jour pour fabriquer les 1800 tonnes d’aliments nécessaires chaque année à l’élevage, 1er âge compris.

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