Réussir porc 08 novembre 2016 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Productivité et indice, le duo toujours gagnant

Une étude Triskalia présentée au forum technique (1) confirme que la productivité des truies et l’indice de consommation global restent les critères de performances majeurs pour agir sur le coût de production.

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Le nombre de porcs produits par truie et par an est un des deux indicateurs techniques qui ont le plus d’impact sur le coût de production.
Le nombre de porcs produits par truie et par an est un des deux indicateurs techniques qui ont le plus d’impact sur le coût de production. - © C. Gérard

Les analyses GTE (gestion technico-économique) 2015 des adhérents Triskalia le confirment à nouveau : pour abaisser le coût de production, l’indice de consommation global et sevrage-vente et le nombre de porcs produits par truie et par an sont les indicateurs techniques qui ont le plus d’impact sur le coût de production. Anne Durand, technicienne Triskalia en a chiffré l’impact : le coût de production est abaissé de 3,16 centimes d’euro par kilo de carcasse pour 0,1 d’IC en moins et de 2,86 centimes d’euro par kilo lorsque la productivité augmente d’un porc de plus par truie par an. Elle précise que l’impact de l’indice de consommation sur le coût de production est donc un peu plus important que celui de la productivité. Mais elle calcule que c’est la productivité qui explique le plus les écarts de marge entre les éleveurs. Entre le « tiers supérieur » et le « tiers inférieur », la différence de marge 2015 s’établit à 494 € par truie (1280 € et 786 € respectivement), 45 % de cette différence s’explique par la différence de productivité, contre 13 % seulement par l’indice de consommation sevrage-vente. L’explication tient au fait que les écarts de productivité entre élevages sont plus importants que les écarts d’indices.

Anne Durand, technicienne Triskalia, et Georges Douguet, CerFrance Cotes-d'Armor.
Anne Durand, technicienne Triskalia, et Georges Douguet, CerFrance Cotes-d'Armor. - © C. Gérard

La hiérarchie des critères dépend de la conjoncture

Par ailleurs, elle précise que cette analyse vaut pour les GTE 2014. Mais il faut considérer la conjoncture chaque année en prenant en compte le prix de l’aliment et le prix de vente du porc. Elle suggère d’utiliser un « indicateur » qui serait le rapport prix du porc/prix de l’aliment. Lorsque celui-ci est inférieur à 6 (prix du porc faible par rapport au prix de l’aliment), le « poids » de l’indice sur l’abaissement du coût de production l’emporte sur celui de la productivité. C’est ce qui s’est passé en 2015. À l’inverse, pour un rapport de cet indicateur supérieur à 6, c’est la productivité qui sera le levier le plus intéressant pour abaisser les coûts et augmenter la marge. Ce qui était le cas en 2014.

- © Infographie Réussir

L’approche comptable relativise…

Invité par Triskalia à aborder la problématique au travers d’une analyse des bilans des exploitations, Georges Douguet, responsable du service études au CerFrance Côtes-d’Armor a confirmé l’importance d’abaisser le coût de revient dont dépend fortement le revenu. Mais il explique que le coût de production est un élément essentiel, mais pas suffisant pour dégager du revenu. Tout d’abord, il rappelle qu’« il faut toujours résoudre la même équation : prix de vente moins coût de production, que multiplie le poids de porc produit. Ce qui donne le résultat ». La pression sur les prix est évidemment toujours très forte « et on ne pourra pas chercher la rentabilité uniquement par la technicité, même s’il faut toujours être en recherche de progrès ». Il ajoute que l’optimisation du coût de revient doit porter sur l’ensemble des charges : charges de structure et charges opérationnelles. Si les coûts structurels sont restés stables depuis 2001 (0,44/kilo de carcasse), les coûts opérationnels ont augmenté (1,09 € sur les cinq dernières années), en particulier les coûts alimentaires. Malgré une baisse de l’indice de consommation constante (3,03 en 2006 et 2,83 en 2015), la hausse du prix de l’aliment explique cette envolée des coûts (0,71 €/kg de carcasse en 2010 contre 1,10 € en 2013). Mais l’aliment n’est pas le seul poste qui a augmenté. Le poste énergie a bondi de 36 % en cinq ans. « Avec 4,5 centimes d’euro par kilo de carcasse, ce poste a dépassé les frais financiers. » Il ajoute qu’il existe des écarts de coûts sur tous les éléments qui constituent le coût de production et qu’« aucun n’est anodin ! ».

Enfin, Georges Douguet juge que les élevages ne peuvent pas être « bons sur tous les critères ». Et il témoigne que seulement 4 % des élevages suivis par le CerFrance sont parmi les 25 % meilleurs à la fois en technique, en coût de revient et en situation financière… « Il existe de nombreux profils d’élevages qui réussissent économiquement. À chacun d’identifier les bons leviers, se fixer des priorités et suivre ses coûts dans la durée. »

(1) Forum technique Triskalia. 3 juin 2016, Carhaix, Côtes-d’Armor.

Voir aussi article " Bilans comptables équivalents avec FAF et aliment complet ".


- © Infographie Réussir

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