Réussir porc 25 janvier 2008 à 15h35 | Par Claudine Gérard

Production mondiale - Les investisseurs russes misent sur le porc

Des groupes capitalistes russes investissent aujourd´hui dans des projets d´élevages par milliers de truies, avec usines d´aliments, abattoirs, magasins. encouragés par un gouvernement qui veut redresser une production agricole en ruine après l´effondrement de l´Union Soviétique.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Le pouvoir russe a décidé de nourrir le peuple. Il encourage les nouvelles fortunes acquises très rapidement, notamment dans le secteur pétrolier, à investir au pays, dans l´agriculture. Le plan gouvernemental date de 2000. Accordant des facilités d´emprunts aux candidats, il a déjà permis à des holdings d´acquérir les anciennes fermes d´État, ruinées et abandonnées après la perestroïka, mais que les structures de béton ont gardé debout pour longtemps. Ces mêmes groupes capitalistes ont aussi investi dans des usines d´aliment, des abattoirs, des entreprises de charcuterie, qui n´avaient pas résisté à la chute de l´URSS. Moyennant des rénovations plus ou moins efficaces, ils ont pu refaire tourner ces outils qui paraissent encore d´un autre âge, mais sont apparemment source de profits, en particulier ces dernières années, avec des prix de viande rémunérateurs.
Ces mêmes investisseurs franchissent aujourd´hui une nouvelle étape. Ils annoncent des projets d´une autre dimension, allant de l´achat de terres par milliers d´hectares jusqu´à des magasins pour vendre les produits, en passant par toutes les autres phases de la production : élevages, fabriques d´aliment, abattoirs et industries de transformation. Si ces grands chantiers voient le jour, on pourrait craindre qu´avec une explosion de la production russe, le débouché pour l´industrie porcine européenne (800 000 tonnes importées par les Russes en 2006, dont 42 % en provenance de l´UE) disparaisse, ce qui pèserait évidemment sur nos cours. Mais les experts interrogés ne sont pas pessimistes. Ils soulignent que la production porcine russe, même en très forte augmentation, ne suffira pas à fournir la demande de la population qui, aujourd´hui, ne consomme que 18 kg de viande de porc par habitant et par an. L´amélioration annoncée du pouvoir d´achat va s´accompagner d´une augmentation de consommation, notamment de porc, dont les produits de charcuterie sont très prisés par la population.
Ces grands projets annoncés attirent les fournisseurs étrangers dont, de toute façon, la Russie ne peut se passer faute de technologie nationale, qu´il s´agisse d´équipements d´élevage ou d´outils industriels. Le salon agricole qui s´est tenu fin novembre au sud-est du pays, à proximité de la mer Noire, à Krasnodar, en est l´illustration. Les fournisseurs d´Europe du Nord et d´Amérique convoitent ce marché à venir. Et pourquoi pas les Français ? Peut-être un peu tard, ils peuvent prétendre exporter leur technologie, sous réserve de proposer une offre globale, clé en main. Car les investisseurs sont riches, mais ignorants de l´agriculture et de l´élevage !
Moyennant des rénovations plus ou moins efficaces, les investisseurs russes ont pu refaire tourner des outils qui paraissent encore d´un autre âge, mais sont apparemment source de profits. ©C. Gérard

Pour en savoir plus
Voir dossier de Réussir Porcs de janvier 2008 (R. Porcs nº145 p. 16 à 31).

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui