Réussir porc 14 avril 2008 à 15h39 | Par V.Bargain

Porte ouverte dans la vienne - Gestion dynamique en six cases pour des truies gestantes au Dac

Les truies gestantes du Gaec du Gabouret seront logées dans 6 cases de 52 places, avec un Dac par case. Une nouvelle version de la conduite en groupe dynamique qui ne manque pas d’atouts.

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Conception innovantez pour le bloc verraterie-gestante du Gaec du Gabouret. LA partie gestante est divisée en six cases iindépendante, équipées chacune d'un Dac (Pays Bas Elevage) afin de constituer des groupes moins importants qu'avec une gestion en un seul groupe dynamique.
Conception innovantez pour le bloc verraterie-gestante du Gaec du Gabouret. LA partie gestante est divisée en six cases iindépendante, équipées chacune d'un Dac (Pays Bas Elevage) afin de constituer des groupes moins importants qu'avec une gestion en un seul groupe dynamique. - © VB
"Le 31 mars 2007, un incendie dû à un court circuit détruisait notre b â t i m e n t gestantes avec 380 truies dedans », expliquait Jean- Marie Chauvineau, un des associés du Gaec du Gabouret (Cloué,Vienne), à l’occasion de la présentation de son nouveau bâtiment le 11 décembre dernier. « Nous avons immédiatement décidé de reconstruire. Les normes de bien-être en vigueur depuis 2003 pour les nouveaux bâtiments ont été appliquées. » Huit mois plus tard, le nouveau bâtiment de 1 013 m2 est en place. Sa partie verraterie qui peut loger 30 truies bloquées, 30 cochettes en cases collectives et un verrat. Le bloc gestante accueillera 312 truies. Il est divisé en 6 cases de 52 truies, avec un Dac par groupe. Les truies seront donc gérées en plusieurs groupes, une conduite préconisée par Pays-Bas Elevage, le fournisseur du matériel, qui s’appuie sur ses références hollandaises pour préconiser le retour à la gestion des truies au Dac en groupes de moindre dimensions, à l’universe des lots uniques préconisés par certains fournisseurs concurrents. Un Dac peut alimenter 50 truies à sec, 60 truies à la soupe. Le troupeau sera constitué de 16 bandes de 14 truies et de 4 bandes de 28 truies.
Gisoirs isolés, cloisons plastique, abreuvoirs anti-gaspi, les options choisies dénotent une recherche d'hygiène et de propreté optimale. A noter le passage d'homme à droite, un équipement indispensable pour ce type d'aménagement.
Gisoirs isolés, cloisons plastique, abreuvoirs anti-gaspi, les options choisies dénotent une recherche d'hygiène et de propreté optimale. A noter le passage d'homme à droite, un équipement indispensable pour ce type d'aménagement. - © VB

Chaque case logera donc de deux à trois bandes. Dans chaque case, la zone de repos est constituée de huit stalles sur gisoir ouvertes sur un côté et séparées sur les autres côtés par des cloisons pleines en plastique (PEHD). « Le plastique est facile à mettre en oeuvre et à nettoyer, d’un coût similaire au béton mais plus chaleureux », estime l’éleveur. « De plus, nous pourrons enlever les cloisons entre cases en dévissant seulement quatre boulons si nous voulons travailler en groupe de 100 ou 150 truies. » Le long du mur, des passages d’homme permettent de passer facilement d’une case à l’autre. « L’élevage en grands groupes et avec un DAC implique une approche animalière différente », insiste Régis Rézeau, animateur bâtiment Arca qui a aidé les éleveurs à concevoir le bâtiment. « Il faut pouvoir circuler facilement entre les animaux et bien les observer. »

UN GISOIR ISOLÉ POUR LE CONFORT DES TRUIES

Le sol est en caillebotis, avec des gisoirs en béton plein isolés par 3 cm de polystyrène extrudé, pour éviter les remontées d’humidité. « Une option indispensable pour assurer le confort des truies », précise le technicien. « Le gisoir a aussi pour avantage de concentrer le lisier sur une plus petite surface et donc d’assurer une meilleure vidange et une meilleure ventilation qui assèche les caillebotis. » Le reste du bâtiment est occupé par la verraterie et les cases pour les cochettes. Une case à verrat est installée au milieu du bâtiment, au bout d’une case collective. Un couloir de tri, accessible à partir de tous les DAC, donne accès à la verraterie. Les truies y resteront 4-5 jours après l’IA, avant de rejoindre les cases collectives. Les cochettes seront bloquées trois jours puis passeront 15 jours en liberté en cases de cinq cochettes. À côté, 4 cases de 5 places permettront d’habituer les cochettes à l’élevage en groupe. Le nombre de places du bloc verraterie a été prévu pour un doublement de l’élevage. Dans ce cas, les truies seront conduites en groupes de 100 à 150, mais toujours selon un principe de conduite en groupes fractionnés.

Jean-Marie chauvineau, Gaec du Gabouret
Jean-Marie chauvineau, Gaec du Gabouret - © vb
Jean-Marie Chauvineau a choisi de fractionner le bloc gestante en lots de 52 truies essentiellement pour la modularité permise par cette conception. Un choix qui traduit également son incertitude face à la conduite en un seul groupe dynamique, mais qu’il ne se refuse pas d’appliquer si le besoin s’en fait sentir. « Nous pouvons facilement doubler ou tripler la taille des lots en enlevant les cloisons de séparation, s’il s’avère que cela améliore la conduite des truies », soulignet- il. L’éleveur juge aussi que la gestion des truies en lots de petite taille facilite la recherche d’animaux malades où à isoler, et rend le lavage de la salle plus simple à réaliser. Une bonne hygiène qu’il compte également maintenir par un système d’évacuation rapide du lisier, déjà utilisé dans l’ancien bâtiment, et qu’il remet en place dans le bâtiment neuf. La chasse d’eau est réalisée avec la fraction liquide du lisier issue d’une séparation de phase par un séparateur à tamis vibrant. Cette séparation avait été mise en place à l’origine pour épandre le lisier sur les terres par le réseau d’irrigation. Le liquide débarrassé de sa fraction solide est pompé dans une réserve utile de 100m3, et se déverse dans les préfosses larges de 1,6 m. À l’extrémité de ces préfosses, une cascade de 60 cm de haut permet l’évacuation totale du lisier de la salle. Le lisier est évacué une à deux fois par semaine. « Grâce à ce nettoyage, il n’y a jamais de mouches dans le bâtiment et l’ambiance est nettement améliorée, notamment par la suppression des gaz lourds qui s’accumuleraient en présence de lisier », conclut Jean-Marie Chauvineau

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