Réussir porc 12 mars 2010 à 10h53 | Par D.Poilvet

Nouveau croisement sino-européen chez Nucléus - La truie Selune fait ses gammes dans le Sud Ouest

Depuis trois ans, le groupement Fipso teste la nouvelle truie chinoise Selune de Nucléus dans huit élevages des Pyrénées-Atlantiques. Les premiers résultats sont prometteurs.

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Depuis 2006, Fipso teste la Selune, la nouvelle truie sinoeuropéenne de Nucléus, chez huit éleveurs adhérents au groupement. « En 2005, nous avons profité de la reprise de l’élevage de porc de l’ex-AGPM près de Pau pour créer un noyau de truies Nushan 33 issues d’un croisement entre le Landrace et la Nusham, directement issue de la truie chinoise Meishan », explique Laurent Casaubieilh, technicien porc et responsable génétique du groupement. Croisée avec un verrat Large White, cette truie produit les Sélune. Les animaux issus d’hystérectomie, totalement indemnes de germes pathogènes, ont été introduits dans des bâtiments entièrement nettoyés et désinfectés. « La production de cochettes à haut statut sanitaire est un préalable indispensable à toute mise en place d’une lignée », rappelle le technicien.

Dès les premières mises bas, Laurent Casaubieilh s’est rendu compte du potentiel élevé du croisement sino-européen. « Les truies de notre élevage de Pau-Montardon possèdent 16,5 tétines en moyenne, avec certaines qui sont à 21 tétines. Par ailleurs, les facilités de mise bas, le comportement maternel et les aptitudes laitières des truies chinoises se retrouvaient totalement dans la Nushan 33. »

Il restait à évaluer précisément sur le terrain comment ces aptitudes se concrétisaient en termes de prolificité et de productivité. Le doublement en 2006 du cheptel de Patrick Paulien, éleveur à Gabaston (Pyrénées-Atlantiques) a permis d’introduire rapidement dans l’élevage 200 cochettes Selune et de les comparer aux Durance (trois voie Duroc) déjà présentes. C’était aussi l’occasion de tester ces animaux dans les nouvelles conditions de truies en groupe. « Dès les premières mises bas, nous avons remarqué la capacité de ces cochettes à allaiter beaucoup de porcelets jusqu’au sevrage », explique Patrick Paulien. « Et heureusement qu’elles ont cette qualité, car leur prolificité est supérieure à celle des Durance. » De 14,5 porcelets nés totaux par portée en 2007, elle est passée à 15,11 nés totaux en 2009.Dans le même temps, la progression du nombre de sevrés a été plus marquée, évoluant de 10,98 à 12,14 par portée en 2009 ! « Cette augmentation est aussi liée à une diminution des pertes en maternité », constate Michel Pacquier, le responsable de l’élevage. « Les truies sont plus maternelles, et s’occupent mieux de leur progéniture. » Les mises bas se déroulent sans problème, avec très peu de fouille et très peu d’utilisation d’ocytocine pour accélérer les expulsions. « La meilleure stimulation pour accélérer les mises bas est le contact du porcelet à la tétine », estime-t-il.

Cette capacité à sevrer beaucoup de porcelets implique également la mise en place d’un plan d’alimentation adapté. « Nous avons augmenté les valeurs nutritionnelles de l’aliment de lactation fabriqué à la ferme, en incorporant notamment plus de maïs et d’huile. Nous utilisons également un complémentaire ajouté en top feeding pour les animaux qui saturent ou qui ont des besoins importants », détaille Patrick Paulien. L’augmentation des apports évite un amaigrissement prononcé des truies au sevrage. Un aspect parfois délicat à maîtriser, et qui peut provoquer des baisses de performances comme le constate l’éleveur sur les secondes portées dont les performances de prolificité ont parfois diminué par rapport aux rangs 1. « Cependant, elles ont le potentiel pour faire une longue carrière, avec notamment des mamelles qui ne décrochent pas quand elles vieillissent », ajoute Michel Pacquier.

En gestation, l’éleveur et sa ont constaté que ces truies déposent plus de gras que les truies européennes à ration identique. « Elles arrivent à la mise bas avec 2 à 4 millimètres de gras en plus sur le dos, ce qui les amène à 22- 24 mm. » Cet embonpoint ne semble pas les préoccuper, puisqu’il n’a pas d’incidence sur le déroulement des mises bas et de la lactation. Après trois ans d’utilisation de la Sélune, Patrick Paulien et Michel Pacquier ne regrettent pas d’avoir choisi la voie chinoise.Outre l’amélioration des performances de naissage, les porcs charcutiers, issus d’un croisement avec le Piétrain Nucléus, obtiennent d’excellentes performances à l’abattoir : un poids de carcasse à 90,2 kg froid qui reflète de bonnes croissances, le G2 à 13,64 mm et le M2 à 63,17, pour un TMP qui atteint 61,34, avec très peu d’écart entre les mâles et les femelles (moins de deux points).

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