Réussir porc 18 septembre 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

« Nous voulons retrouver une dynamique de projets » assure le président de la FNP

Paul Auffray, le nouveau président de la Fédération nationale porcine, entend mettre en œuvre les moyens pour réinscrire la filière dans des perspectives de développement au travers du renouvellement des générations et de l’investissement dans les bâtiments.

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Paul Auffray est éleveur à Plouvara (22) depuis 1990.  Il est vice-président 
de la chambre d’agriculture des 
Côtes-d’Armor, président d’Uniporc 
Ouest et administrateur de la Coop Garun Paysanne.
Paul Auffray est éleveur à Plouvara (22) depuis 1990. Il est vice-président de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, président d’Uniporc Ouest et administrateur de la Coop Garun Paysanne. - © C. Gérard

. En succédant à Jean-Michel Serres depuis le 10 juin dernier, quelles sont les orientations que vous entendez donner à la FNP ?


La principale est d’inscrire la filière dans des perspectives de développement qui nous permettent de retrouver les niveaux de production passés. Je souhaite que ce développement se réalise au travers de projets socialement acceptables et évidemment économiquement rentables !



. Comment entendez-vous lever les freins qui sont dénoncés depuis de nombreuses années, à savoir les contraintes environnementales et la rentabilité des ateliers ?


Nous sommes prêts à nous inscrire dans des concepts que l’on appelle l’agro-écologie, l’élevage durable, l’agriculture écologiquement intensive… À condition qu’on précise ce que l’on met dedans et de ne pas en rester à de vagues concepts de théoriciens. Je considère que les technologies qui se développent en matière de bâtiment, de conduite d’élevage… offrent de très belles perspectives pour une production porcine « à impact environnemental nul ». La porte ouverte de la porcherie du futur à Guernevez en a été une belle illustration.
Quant à la rentabilité des ateliers, elle sera largement conditionnée par la capacité qu’aura la filière à rénover ou investir dans son parc bâtiments qui, on le sait, impacte fortement les performances techniques, donc économiques, mais aussi le bien-être animal et les conditions de travail.


. Concrètement, que faut-il aujourd’hui pour que cette dynamique se mette en place ?


Certains éléments s’avèrent aujourd’hui porteurs d’espoir : l’assouplissement en matière de réglementation environnementale, le changement de regard progressif de la société envers notre activité et les emplois qu’elle induit, les progrès environnementaux — il y a beaucoup moins d’algues vertes en Bretagne cette année ! — Et les innovations qui nous autorisent aujourd’hui à concevoir des bâtiments d’élevage high tech qui nous rapprochent d’un élevage à zéro impact environnemental.
Mais au-delà de ces éléments positifs, je crois que le plan de modernisation des bâtiments d’élevage qui prendra effet début 2015 est réellement stratégique.
Par ailleurs, nous sommes en train de travailler sur un plan de compétitivité avec Unigrains et Sofiprotéol, avec l’appui d’Inaporc. L’idée est que l’éleveur en passe d’investir puisse contracter un prêt par l’intermédiaire de son groupement, ce prêt étant financé par Unigrains et Sofiprotéol, à l’image des plans de développement que nous avons connu il y a une vingtaine d’années. Au-delà du financement, la garantie apportée par un tel montage peut se révéler intéressante. Nous avançons bien sur ce dossier, mais nous savons qu’il faudra aller encore plus loin.


. Avec éventuellement des financements qui proviendraient de secteurs hors agriculture ?


Pourquoi pas ? Le sujet n’est pas tabou. Mais il faut veiller à ce que les chefs d’exploitation restent les maîtres chez eux.


. Vous êtes le premier éleveur breton de l’histoire du syndicat à présider la FNP. Cela pose-t-il un problème particulier ?


C’est un non-événement ! Si, par le passé, les guerres de chapelle ou les tailles d’élevage divisaient la Bretagne des autres régions, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les enjeux pour les producteurs que nous sommes sont les mêmes sur tout le territoire. Et je peux témoigner que l’équipe que nous formons au sein de la FNP travaille en confiance, dans un état d’esprit très constructif.

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