Réussir porc 04 avril 2001 à 17h07 | Par Dominique Poilvet

Modifier la conduite alimentaire : deux cents francs en moins par truie de dépense

Une modification de la conduite alimentaire des porcelets a permis à Pascal Lory, éleveur à Louvigny dans la Sarthe, de diminuer ses dépenses de santé de deux cents francs par truie et par an.

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Aujourd´hui, avec un sanitaire correct, il peut à nouveau envisager une progression de ses résultats techniques.

Il a fallu près d´un an à Pascal Lory pour résoudre les problèmes digestifs de ses porcelets en post-sevrage. L´utilisation d´un aliment sécurisé lui a permis de supprimer la supplémentation antibiotique et ramener le sanitaire du post-sevrage à un niveau correct.
En 1997, un problème de diarrhée grise s´installe sur ses porcelets. "La conception de mon bâtiment se prête mal à l´effectif actuel", indique Pascal. Avec un effectif de cent truies conduit en sept bandes, l´éleveur est contraint d´élever ses porcs dans deux salles de post-sevrage et cinq salles d´engraissement de 96 places chacune. Il n´a vraiment pas le droit à l´erreur pour sortir un poids de carcasse correct à l´abattoir.

"C´est pourquoi nous avons immédiatement réagi au problème de diarrhée en supplémentant l´aliment avec différents antibiotiques, qui est la solution la plus simple." Peine perdue, la plupart des solutions proposées fonctionne mal. Seule la supplémentation à la tiamutine semble donner des résultats, mais pour un coût de 36 centimes par kilo d´aliment deuxième âge. "En fait, les problèmes étaient reportés sur les porcs charcutiers", ajoute Jean-Yves Buron, du groupement Maine Porc. Le taux de perte stable à moins de 1 % en post-sevrage s´envolait à plus de 5 % en engraissement, "essentiellement pour des causes digestives : iléites, entérotoxémies..."
Aliment fluidisé
Conscient des limites de la supplémentation médicamenteuse, Pascal Lory accepte l´essai du Pigoflu, l´aliment fluidisé de la gamme deuxième âge de son fournisseur d´aliment, Huttepain-Bouix. Coût de l´investissement : neuf centimes par kilo d´aliment. "C´est le prix du traitement thermique et de la sécurisation de la formule par rapport à un deuxième âge standard", explique Benoît Bouix, le responsable du site de Piacé. "Cet aliment est également plus concentré pour compenser la moindre consommation journalière liée à la présentation farine."
Progressivement, les poids en sortie de post-sevrage progressent, et les lots sont plus homogènes. Mais surtout le taux de perte en engraissement diminue fortement pour passer sous la barre des 2 % sur la dernière GTE. "L´amélioration ne se fait pas d´un coup", ajoute Pascal Lory. "Il a fallu près d´un an pour stabiliser le sanitaire et éliminer les problèmes digestifs."
500 francs par truie
Sa dernière GTE clôturée en septembre dernier a chiffré ses progrès. L´indice de consommation en post-sevrage a fortement baissé, et le taux de perte-sevrage-vente se situe à 2,5 %. Les dépenses de santé se stabilisent à cinq cents francs par truie par an.
Cependant, l´éleveur souhaite améliorer ses croissances en post-sevrage. C´est pourquoi, après deux ans d´utilisation de Pigoflu, il a décidé de réutiliser un aliment présenté sous forme granulée. "Après trois mois d´utilisation, je n´ai observé aucun dérapage digestif sur mes porcelets."
Preuve que chez Pascal Lory, la modification de la conduite alimentaire du post-sevrage a bien contribué à l´amélioration du sanitaire de l´élevage.

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