Réussir porc 01 décembre 2006 à 17h08 | Par Claudine Gérard

Méthanisation - Un complément au traitement de lisier

Valétec, entreprise spécialisée dans le traitement du lisier, travaille activement sur des projets de méthanisation à la ferme. Plusieurs scénarios se profilent en fonction des élevages.

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Depuis 18 mois, les ingénieurs de Valétec (1) planchent sur des projets de méthanisation à la ferme, projets qui prennent un nouvel intérêt depuis la forte hausse du prix de l´électricité par EDF. Isabelle Robin, directrice, tient à souligner que « chaque projet doit être raisonné au cas par cas ». Mais elle distingue dès le départ deux scénarios possibles : Dans le premier, l´éleveur ne méthanise que son lisier pour produire de la chaleur qui servira à chauffer ses bâtiments et son habitation, donc diminuer sa dépendance énergétique. « Cette option n´a d´intérêt que si l´élevage possède déjà un système de chauffage par eau chaude. Dans ces conditions, avec un prix du fioul d´environ 0,55 euro/l et une subvention de 30 %, alors le retour sur investissement se fera en neuf ans environ », calcule-t-elle.
Deuxième scénario, « intéressant et plus adapté à nos élevages bretons », la méthanisation avec des co-substrats produits en dehors de l´exploitation (déchets organiques des industries agro-alimentaire, des collectivités.) et la production d´électricité par un cogénérateur.
Deux scénarios possibles.


« L´éleveur pourra en effet percevoir plusieurs ressources, celle de l´électricité et celle de la redevance des déchets traités, et il réalisera des économies sur sa facture de fioul. » Cependant, Isabelle Robin souligne les exigences d´un tel choix. Le premier est le montant de l´investissement : « beaucoup plus élevé que pour le premier scénario, puisqu´il requiert le nécessaire pour la réception et le stockage des déchets extérieurs, un groupe de cogénération. qui nécessitera d´être performant en termes de production de biogaz. De plus, il s´agit d´un nouveau métier dans lequel on ne doit pas se lancer sans garanties », en particulier s´assurer d´avoir assez de co-produits sur la durée, être prêt à en assurer le contrôle, la traçabilité, avoir la possibilité de raccordement au réseau EDF. Et les règles du jeu ne sont pas toutes fixées : réglementation, montant des subventions.
Cependant, Isabelle Robin croit à l´intérêt de la méthanisation dans de nombreux cas de figure, notamment lorsque l´élevage dispose déjà d´une station de traitement du lisier. D´une part parce que l´éleveur est déjà familiarisé avec ces techniques de fermentation, d´autre part parce que les ouvrages coûteux (fosses de stockage) sont déjà en place. Enfin parce que le digestat sera plus facile et moins cher à traiter que le lisier brut en raison de sa teneur plus élevée en azote ammoniacal. « De plus, notre société, avec l´expérience acquise dans le traitement biologique, est particulièrement apte à assurer un suivi de proximité et la gestion d´unités de méthanisation. C´est une perspective intéressante qui permettrait de tirer parti de tous les efforts entrepris par la profession en matière de gestion des effluents. Les éleveurs pourraient enfin envisager que cette gestion devienne source de profit ! »

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