Réussir porc 25 février 2005 à 12h22 | Par Claudine Gérard

Marché à terme du porc - Une offre du Crédit Agricole pour gérer le risque de prix

Le Crédit Agricole a mis en place les outils nécessaires pour que les éleveurs utilisant le marché à terme puissent lisser les prix de vente et sécuriser les revenus.

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Le Crédit Agricole encourage les éleveurs à s´intéresser à la technique des marché à terme. Le but est de ne plus subir de plein fouet les variations de cours et de se couvrir contre les trop fortes baisses. « C´est une orientation décidée par la direction générale de la banque, qui consiste à proposer un outil permettant au producteur de définir par avance le prix de vente de ses porcs sur le marché à terme de Hanovre et ainsi s´assurer d´un prix de vente qui couvre ses charges. Dans cette démarche, le Crédit Agricole accompagne l´éleveur, sachant qu´il ne s´agit que de couverture de risque, et surtout pas de spéculation », précise Michel Auzet, à l´initiative de l´offre sur le marché à terme du porc, à Crédit Agricole SA.
La démarche a réellement commencé en avril 2004, avec des réunions d´information réalisées dans les Caisses régionales du Crédit Agricole. « Il s´agissait de sensibiliser les agriculteurs à ces marchés à terme », précise Michel Auzet. Dans un deuxième temps, des formations sur deux jours sont proposées aux éleveurs intéressés, réunis par groupes d´une dizaine. Ces formations sont assurées par Agritel, société de conseil indépendante, spécialisée dans la formation et le conseil dans la gestion des risques de prix dans le secteur agricole et agro-alimentaire. « Notre activité porte sur l´information, la formation et le conseil. En aucun cas nous ne nous livrons à du courtage ou du trading », souligne Gautier Le Molgat, consultant Agritel. Ainsi formé, l´éleveur est « apte » à pouvoir vendre des lots de porcs à terme, sur des périodes de 1 à 12 mois maximum. La Caisse régionale du Crédit Agricole ouvre une ligne de crédit, et c´est la filiale internationale du Groupe « Calyon » qui passe les ordres pour l´éleveur sur le marché de Hanovre. L´éleveur peut souscrire un contrat d´accompagnement auprès d´Agritel qui lui fournira un appui, sans doute nécessaire dans une phase de démarrage.
Michel Auzet et Michel Lopez, du Crédit Agricole Paris : « notre démarche `marché à terme´ a pour but de sécuriser le revenu des éleveurs de porcs. » ©C. G.

Limiter les fluctuations importantes des prix
La boucle est ainsi bouclée pour accéder « facilement » au marché de Hanovre, « et tout ceci avec le même interlocuteur, à savoir sa banque », souligne Michel Lopez, chargé des marchés à terme au Crédit Agricole, et fort d´une expérience de plusieurs années auprès des céréaliers.
L´objectif affiché par les responsables de la banque est de limiter les fluctuations importantes du prix perçu par les producteurs. « Le principe est de vendre des contrats de porcs sur le marché à terme, à un prix adapté à l´objectif de l´éleveur et à son coût de revient. On comprend donc que chaque situation est spécifique et que c´est à l´éleveur seul de décider », affirme Gautier Le Molgat, rejoint par Michel Lopez qui rappelle que le marché à terme est un outil pour lisser les revenus, consolider la situation financière de nos clients, et non pour encourager à la spéculation. « D´ailleurs, la filiale Calyon veille à ce que les ordres que lui donnent les éleveurs pour des marchés à Hanovre ne les mettent pas en situation de spéculation et alertera la caisse régionale en cas de « danger » »
Dans le même esprit de sécurité, le Crédit Agricole a choisi de ne pas se positionner sur le marché de Chicago, « car outre le fait que les marchés américain et français ne sont pas très bien corrélés, le risque lié au taux de change nous paraît beaucoup trop important. A l´inverse, à Hanovre, nous vendons et achetons en euros, et les cours allemands et français sont très fortement corrélés, avec un coefficient supérieur à 90 % », précise Michel Auzet.
Aujourd´hui, 700 éleveurs de porcs ont bénéficié de l´information dans les caisses régionales et près d´une centaine a suivi la formation. Reste à franchir le pas et « y aller ».
« Il faut un certain temps de réflexion à l´éleveur avant de réaliser son premier acte sur le marché à terme. Mais nous pensons qu´avec cette offre globale et à présent finalisée, de nombreux producteurs vont y recourir avant la fin de cette année », prévoit Michel Auzet.
D´ici là, la touche finale aura été apportée à l´offre de la banque, à savoir la mise en ligne sur le site Plein Champ des marchés et de leurs analyses.

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