Réussir porc 06 juillet 2006 à 16h58 | Par Dominique Poilvet

Litière - En Mayenne, un élevage sur la sciure pour réduire les rejets

Pour engraisser l´intégralité de ses porcelets, Denis Geslain a opté pour des bâtiments sur sciure. Un choix qui diminue de moitié ses besoins en terres d´épandage.

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A Pré-en-Pail, dans le département de la Mayenne, les élevages de porcs ne sont pas nombreux. Pourtant, Denis Geslain a fait le choix d´un engraissement sur sciure essentiellement pour être autonome en plan d´épandage. « Les cultivateurs de la région, essentiellement producteurs de céréales à paille, ne sont pas habitués à utiliser le lisier, surtout pour des épandages d´hiver », précise-t-il. La production d´une partie de ses porcs charcutiers sur litière lui permet d´abattre 57 % de l´azote produit par ces animaux. « Pour les 2157 porcs produits dans ces bâtiments, cela représente une économie de 3300 unités d´azote chaque année », calcule l´éleveur. Cette économie lui permet d´assurer l´épandage des déjections issues de son atelier de 170 truies naisseur-engraisseur sur ses 75 hectares de SAU.
Par ailleurs, Denis Geslain a fait le choix de réaliser quatre bâtiments-tunnels, bien adaptés à une production sur litière. Ces bâtiments ont été construits en 2005, dans le cadre d´un agrandissement de l´élevage.

Ce choix lui a permis de limiter considérablement le montant de l´investissement, qui est de 208 ? par place. Chaque bâtiment est séparé dans son milieu par un couloir de service pour former deux salles indépendantes de 104 places, sans aménagement de cases. La huitième salle est aménagée en quai d´embarquement sur caillebotis intégral, complétée d´un local dans lequel l´éleveur stocke la sciure usagée. « Le fractionnement des lots en petites cases ne se justifie pas ici », précise-t-il. La faible densité porcine de la région et la qualité d´approvisionnement des cochettes engendrent un niveau sanitaire exceptionnellement bon. Le montant des dépenses de santé ne dépasse pas 50 euros par truie et par an. Depuis la mise en service des bâtiments en novem-bre 2005, l´éleveur estime que les croissances sont aussi bonnes que sur caillebotis. Seuls les TVM ont légèrement baissé : 61,4 contre 62 sur caillebotis, sans en connaître la cause pour le moment. Malgré le grand volume, la température qu´il a fait dans les salles cet hiver n´est pas incriminée : elle est descendue à 19ºC, mais la chaleur dégagée par la litière maintient une température confortable de 23-24ºC au niveau des porcs.
Les bâtiments-tunnels en structure légère sont bien adaptés à l´élevage sur litière, et procurent un coût à la place assez bas. ©D. Poilvet

La sciure ne demande pas plus de travail
« C´était seulement à l´entrée des porcelets en hiver, lors des trois ou quatre premiers jours, que la température a été un peu basse : 12 à 13ºC, sans que cela ait provoqué de problèmes sanitaires », détaille Denis Geslain. A la mise à l´engraissement, chaque bande de porcelets est divisée en deux. Une moitié est dirigée dans un ancien bâtiment sur caillebotis, l´autre se retrouve sur la sciure. L´éleveur peut ainsi réaliser des lots homogènes dans les cases sur sciure, ce qui lui permet de vider chaque salle en une seule fois en fin d´engraissement. « Seuls les porcelets les plus petits, triés au quai d´embarquement, sont dirigés vers un bâtiment tampon pour finir leur croissance », précise-t-il. En comparaison avec ses engraissements sur caillebotis intégral existants, l´éleveur estime que la sciure ne lui demande pas beaucoup plus de travail. « Le curage au tracteur me prend deux heures. Ensuite, le temps de lavage (1 h 30 par salle) est identique, et permet un nettoyage complet de la salle, contrairement au caillebotis. Enfin, l´apport de sciure fraîche, que je fais par un épandeur, est vite réalisé. »
Le bâtiment, avec son couloir central qui facilite l´accès aux salles, a également été conçu pour simplifier le travail. « Le passage à 170 truies m´a permis d´embaucher un salarié, mais tous les bâtiments sont conçus pour travailler seul, afin de rester indépendant même si l´un d´entre nous est absent », ajoute Denis Geslain.
La quantité de sciure utilisée (de la sciure LCBE séchée et dépoussiérée, livrée en vrac) est de 25 kg par porcelet. « L´objectif est de faire un seul apport en début d´engraissement. Cet hiver, malgré des températures basses qui ont duré longtemps, cet apport a été suffisant jusqu´au départ des animaux », précise l´éleveur. Cette quantité représente un coût de 3,80 ? par porc. Une charge fixe que Denis Geslain espère diminuer sur la période estivale.
©D. Poilvet

Les plus et moins
+ Bâtiment peu coûteux, durable et qui se monte rapidement
+ Performances techniques de même niveau que le caillebotis intégral
+ Peu de travail supplémentaire (curage de la litière au tracteur : deux heures pour 1000 porcs)
+ Vide sanitaire intégral entre chaque bande

- Bâtiment non adapté dans un contexte sanitaire difficile (cases de 100 porcs)
- Difficultés de trier si lots hétérogènes
- Surveillance des animaux
- Coût de la sciure : 3,80 ? par porc

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